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Québec: la presse s'interroge sur la fusillade, les élections au 2nd plan

05/09/2012 12:22 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Les journaux québécois étaient partagés entre amertume et incompréhension mercredi matin après la mort par balle d'un homme en marge du discours de victoire de Pauline Marois, dont l'élection historique comme première femme Première ministre de la province se trouvait éclipsée.

"Attentat mortel" titre en lettres capitales bleues la Une du quotidien montréalais La Presse, accompagnée des photos de l'arrestation du suspect, cagoule relevée, et de l'évacuation manu militari de Mme Marois par ses gardes du corps alors qu'elle prononçait son discours de victoire.

Le journal parle d'"atrocité" pour qualifier l'événement.

Le Devoir, autre quotidien montréalais, a également choisi de mettre en Une une photo de l'évacuation de Mme Marois, titrant "Le PQ minoritaire", avec pour sous-titre "Sitôt élue, Pauline Marois est la cible d'une tentative d'attentat".

A l'incompréhension s'ajoute, pour ce journal proche du mouvement indépendantiste, la déception liée à la courte victoire du Parti Québécois (PQ), la formation de Mme Marois.

"Cette victoire aura néanmoins un goût amer pour bien des souverainistes", écrit ainsi un chroniqueur, expliquant qu'avec seulement 54 députés, contre 50 au Parti libéral du Québec (PLQ), "le PQ ne pourra pas mettre en oeuvre la +gouvernance souverainiste+" qui doit ouvrir la voie à l'indépendance.

Le Devoir souligne en outre "la résilience" des troupes libérales du Premier ministre sortant Jean Charest, alors que les sondages prédisaient, à tort, une défaite historique.

Dans une chronique, La Presse estime ainsi que "les Québécois en avaient assez du chef libéral (qui a perdu son siège de député) mais pas de son parti qui demeure indélogeable".

Et avec la faible avance du PQ, ce sont les "engagements les plus controversés" de Mme Marois "qui se retrouvent dans les limbes", écrit le quotidien, prédisant à ce gouvernement une survie de 18 à 24 mois.

Avec soulagement, le quotidien torontois The Globe and Mail remarque qu'une victoire si serrée ne permettra pas au PQ "d'organiser un référendum dans les prochaines années et séparer le Québec du Canada".

sab/via/bdx

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