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Nouvelle manifestation des grévistes de Marikana, reprise des pourparlers

05/09/2012 05:23 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Plusieurs milliers de grévistes acclamés par la population manifestaient mercredi devant la mine de Marikana, avant la reprise de pourparlers pour clore ce conflit qui a fait 44 morts et empoisonne le climat social en Afrique du Sud depuis près d'un mois.

La police, qui a renforcé son dispositif autour de cette mine de platine exploitée par le groupe britannique Lonmin, a estimé à plus de 3.000 le nombre de manifestants, qui après une marche de plusieurs kilomètres, ont organisé un sitting sur une route d'accès à l'un des puits.

Six véhicules blindés étaient déployés entre les mineurs et le puits et deux hélicoptères survolaient la zone.

Les mineurs ne portaient ni lances ni machettes comme début août, mais des bâtons, a constaté l'AFP. L'un des meneurs à été autorisé à monter sur un camion de police pour s'adresser à la foule.

En dépit de leur aspect "très disciplinés", un religieux sur place, Paul Verryn, évêque méthodiste de Johannesburg, jugeait la situation à nouveau "très tendue" et "facilement susceptible d'exploser en une seconde".

Les grévistes ont entonné des chants hostiles au syndicat majoritaire, le NUM, partie prenante aux négociations, et parmi les femmes massées sur le bord de la route, bébés au dos, des poings se sont levés.

Les grévistes veulent que Lonmin ferme le puits, a expliqué un représentant des mineurs Zamela Ciya.

"On veut rappeler à nos collègues qui travaillent qu'ils ne sont pas supposés travailler", a menacé un gréviste, alors qu'une infime minorité des 28.000 salariés du site étaient à leur poste mercredi (4,2% selon la direction).

"Lonmin doit filer le pognon ou fermer", proclamait l'une des pancartes.

Une vingtaine de manifestants exhibaient le portrait d'un des mineurs martyr, tué lors de la fusillade de la police le 16 août qui a fait 34 morts.

Les négociations associant direction, syndicats et délégation de grévistes devaient reprendre à la mi-journée à Rustenburg, à une trentaine de km de là, sous l'égide du ministère du Travail.

"Nous sommes à la croisée des chemins. On va vers un accord ou une impasse", a indiqué à l'AFP Gideon du Plessis, secrétaire général du syndicat Solidarity, partie prenante aux discussions et qui représente surtout l'encadrement.

"Si les travailleurs insistent pour avoir 12.500 rands (1.250 euros environ par mois) comme un minimum absolu, on aura une impasse", a-t-il ajouté.

Le groupe Lonmin n'aurait alors pas d'autre choix que d'entamer des procédures disciplinaires ou de licenciement.

"Nous avons pris l'engagement clair de négocier les questions de fond", a pour sa part répété Lonmin dans un communiqué, en référence aux revendications salariales des grévistes. "Mais cela doit avoir lieu dans le cadre approprié", a ajouté le groupe.

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