MONTREAL - MONTREAL (Sipa) — Pauline Marois a écrit une nouvelle page d'histoire. La dirigeante du Parti québécois (PQ) est devenue mardi la première femme à être élue à la tête du gouvernement du Québec, et la cinquième femme à accéder à cette position dans l'ensemble du Canada en l'espace de quatre ans.

Près de la moitié des provinces et territoires du Canada sont donc actuellement dirigés par des femmes: la Colombie-Britannique, l'Alberta, Terre-Neuve-et-Labrador, le Nunavut et, depuis mardi, le Québec.

Lise Payette, qui a été ministre au sein du gouvernement de René Lévesque au Québec entre 1976 et 1981, estime que l'élection d'une femme revêt une signification encore plus importante dans cette province que dans le reste du Canada. Parce que si le Québec se targue d'être un champion de l'égalité hommes-femmes, il se berce d'illusions, d'après celle qui a embauché Pauline Marois comme chef de cabinet au ministère d'Etat de la Condition féminine.

"Je pense que pour le Québec, ça voudra dire encore plus que dans bien d'autres endroits, avance-t-elle. On a beau dire qu'on est très en avance là... mais Dieu qu'on n'avance pas sur la question des femmes! On a toujours l'impression d'être en train de tout recommencer."

Et quoi qu'on en dise, les femmes et les hommes politiques ne sont toujours pas traités de la même manière, soutient Mme Payette. "Le 'double standard' est toujours là. Absolument. On en a pris conscience, cependant, et ça, c'est déjà une première victoire. Quand on a dit ça les premières fois, on se faisait dire qu'on était complètement ridicules", plaide l'auteure et journaliste.

C'est aussi l'avis de Louise Harel, ancienne compagne d'armes de Pauline Marois. Selon celle qui occupe actuellement le fauteuil de la chef de l'opposition officielle à Montréal, les femmes souffrent toujours d'un "important déficit de crédibilité" sur le plan professionnel.

"Quand une femme réussit à vaincre contre l'adversité, on se dit que c'est naturel, mais quand c'est un homme, il est porté aux nues", lance-t-elle, précisant au passage que cette règle s'applique dans la plupart des domaines d'activité et pas seulement en politique.

Dans une lettre ouverte parue dans le journal "Le Devoir" la semaine dernière, un collectif de 125 hommes ont eux aussi parlé d'un "double standard" et ont exhorté les Québécois à faire éclater le "plafond de verre" en votant pour Pauline Marois.

Car selon les signataires, dont certains sont membres du Parti québécois, de Québec solidaire ou d'Option nationale, "on exige des femmes ou leur reproche des choses que nous n'avons jamais exigées des hommes ou que nous ne leur avons jamais reprochées".

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  • Un gouvernement du Parti québécois ne <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/06/pq-integrite-elus_n_1749328.html" target="_hplink">demandera pas à ses élus de remplir la caisse électorale</a>, pas plus à ses ministres qu'à ses députés. L'effort reposera sur les militants.

  • Le Parti québécois a <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/04/soins-domicile-parti-quebecois_n_1742718.html" target="_hplink">promis la création d'une politique nationale de soins et de services à domicile</a>. Pauline Marois veut regrouper et augmenter les services offerts aux personnes en perte d'autonomie qui souhaitent rester à la maison. La chef péquiste a promis d'ajouter 120 millions de dollars aux 380 millions déjà prévus par le gouvernement, pour atteindre une enveloppe de 500 millions d'ici cinq ans.

  • <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/03/marois-pq-banque-developpement-quebec_n_1737944.html" target="_hplink">Création d'une Banque de développement économique du Québec</a> dont le mandat serait de soutenir la croissance, d'aider les entreprises à démarrer, surtout en région et dans le domaine de l'économie sociale, en leur donnant accès à du capital de risque.

  • La chef du Parti québécois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/13/parti-quebecois-garderies-place-enfant_n_1772776.html" target="_hplink">«garantit» une place en garderie pour tous les enfants qui en ont besoin d'ici la fin du premier mandat d'un gouvernement péquiste</a>. Le PQ maintiendra le tarif à 7$ jusqu'à ce que l'objectif d'une place par enfant soit atteint.

  • Pauline Marois a promis de<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/02/charest-parle-economie-adversaires-le-ciblent_n_1733168.html" target="_hplink"> tenir un vaste sommet sur la gestion et le financement des universités</a> et d'abroger la loi 78, que la leader souverainiste juge «ignoble».

  • Un gouvernement Marois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/02/charest-parle-economie-adversaires-le-ciblent_n_1733168.html" target="_hplink">embauchera 600 professionnels supplémentaires d'ici 2015 afin de contrer le décrochage scolaire</a>. Le PQ évaluera aussi la possibilité d'implanter dans les milieux défavorisés la maternelle à quatre ans à temps plein, et verra à renforcer l'autonomie des établissements scolaires.

  • Un gouvernement péquiste <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/09/pauline-marois-pq-fonds-protection-entreprises_n_1760351.html" target="_hplink">reviendra à une forme de nationalisme économique à la Caisse de dépôt</a> en créant un fonds d'investissement stratégique de 10 milliards $, pour protéger les entreprises contre les prises de contrôle étrangères.

  • Pauline Marois a promis de faire <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/14/pq-propose-une-charte-laicite_n_1775508.html" target="_hplink">adopter une charte de la laïcité</a> dans les services publics advenant l'élection de son parti. La charte reposerait sur les principes de neutralité de l'État et de prépondérance de l'égalité entre les femmes et les hommes.