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Les profits de Couche-Tard reculent en raison de l'acquisition de SFR

05/09/2012 12:21 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Les profits d'Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B) ont reculé de 26 pour cent à son premier trimestre, en raison principalement de frais liés à l'acquisition du détaillant norvégien Statoil Fuel & Retail (SFR).

Au cours de la période qui a pris fin le 22 juillet, l'exploitant de dépanneurs et de stations-service a enregistré un bénéfice net de 102,9 millions $ US (57 cents US par action), comparativement à celui de 139,5 millions $ US (75 cents US par action) dégagé pendant le trimestre correspondant de l'an dernier.

Une perte de 113,5 millions $ US sur des contrats de change visant à fixer à l'avance le coût d'acquisition de SFR en dollars américains et des frais de transaction de 1,2 million $ US ont grevé les profits. Par contre, l'entreprise lavalloise a bénéficié d'un gain de 6,7 millions $ US sur des liquidités en couronnes norvégiennes détenues par certaines de ses filiales américaines.

Le bénéfice net ajusté, qui exclut ces éléments exceptionnels, s'est chiffré à 173 millions $ US (95 cents US par action), en hausse de 23,8 pour cent par rapport aux 139,7 millions $ US (75 cents US) enregistrés il y a un an. Cela s'explique notamment par les marges bénéficiaires sur le carburant et sur les marchandises, qui se sont toutes deux améliorées.

Les revenus ont atteint 6 milliards $ US, en hausse de 842,6 millions $ US ou 16,3 pour cent. SFR a contribué pour 363 millions $ US à l'augmentation du chiffre d'affaires (seulement 10 jours ont été comptabilisés).

Au cours de l'été, Couche-Tard a mis la main sur SFR pour la somme de 2,7 milliards $, ce qui lui a permis d'ajouter quelque 2300 magasins à son réseau, qui en compte désormais 8416.

La transaction «a changé le visage» de Couche-Tard, s'est réjoui mercredi le grand patron de l'entreprise, Alain Bouchard, au cours d'une téléconférence.

M. Bouchard a indiqué que son équipe en saurait plus long sur les synergies qui pourraient découler de l'acquisition de SFR d'ici la fin de l'année.

«Au cours des prochains mois, une grande partie de notre temps sera consacrée à des voyages en Europe avec l'objectif d'identifier les occasions les plus significatives en termes de croissance et d'efficacité», a-t-il déclaré, sans faire mention de l'impact potentiel que ces décisions pourraient avoir sur les employés de SFR.

En recourant à l'étalonnage (benchmarking), l'entreprise comparera entre elles ses activités nord-américaines et européennes afin de repérer les meilleures pratiques et de les implanter là où elles sont absentes.

Couche-Tard évaluera également la possibilité de se départir des actifs secondaires de SFR, notamment ses activités de distribution de carburant pour les secteurs du transport maritime et aérien.

Mardi, Couche-Tard a d'ailleurs annoncé la cession des activités de gaz de pétrole liquéfié (propane et butane) de SFR à la firme irlandaise DCC pour environ 22 millions $ US.

Alain Bouchard a d'autre part réitéré mercredi l'intention de Couche-Tard de déposer sous peu des offres d'achat pour d'autres chaînes de dépanneurs et de stations-service en Europe. Il a précisé que pour faire son entrée dans un nouveau pays, l'entreprise visait un réseau d'au moins 200 magasins.

Les dirigeants de l'entreprise ont répété leur souhait de demeurer disciplinés en rejetant les propositions d'achat trop coûteuses.

Si aucune transaction intéressante ne surgit sur le radar, Couche-Tard privilégiera l'allègement de sa dette, qui a considérablement gonflé avec l'acquisition de SFR. Pour ce faire, l'entreprise réduira au minimum ses investissements en immobilisations, tant en Amérique du Nord qu'en Europe.

L'action de Couche-Tard a cédé 2,5 pour cent mercredi pour clôturer à 48,96 $, à la Bourse de Toronto.

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