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Les ex-présidents américains ne sont pas tous populaires auprès de leur parti

05/09/2012 08:04 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - Bill Clinton, George W. Bush, Jimmy Carter, Ronald Reagan... Démocrates et républicains ne placent pas tous les anciens présidents au même niveau. Si Bill Clinton a été choisi pour lancer la candidature d'Obama à sa réélection lors de la convention démocrate, qui se tient jusqu'à jeudi en Caroline du Nord, son successeur George W. Bush n'a eu droit qu'à une vidéo anecdotique lors de la convention républicaine de la semaine dernière en Floride.

Bill Clinton, excellent orateur centriste toujours populaire chez les démocrates, bénéficie d'une cote de popularité élevée qui dépasse les partisans de son camp. Les démocrates n'ont pas oublié l'affaire Monica Lewinsky et la procédure de destitution à son encontre, mais ils lui ont pardonné.

Les deux tiers des Américains apprécient Bill Clinton, selon un sondage Gallup, et le chiffre atteint les 50 pour cent chez les républicains. Une popularité qui pourrait se révéler précieuse pour un Barack Obama qui peine à convaincre les personnes âgées, les hommes, la classe ouvrière et les résidants du sud des États-Unis de voter pour lui.

«Attendez-vous à voir Bill Clinton prononcer le plaidoyer le plus puissant de la convention démocrate en faveur de la réélection d'Obama», a prédit l'experte en discours politiques Kathleen Hall Jamieson, directrice du centre des politiques publiques Annenberg à l'université de Pennsylvanie. Le discours de Bill Clinton, prévu mercredi soir, est considéré comme crucial.

Le républicain George W. Bush n'a pas eu droit aux mêmes honneurs lors de la convention républicaine. Son père, l'ancien président George Bush, et lui se sont contentés d'une vidéo très informelle lors de la dernière convention de leur parti.

Selon des sondages réalisés cette année, les Américains sont partagés à égalité entre partisans et opposants de George W. Bush. Nombre d'entre eux le tiennent responsable de la récession. Chez les républicains, sa popularité est contrastée. Le Tea Party juge sévèrement ses dépenses de santé pour les personnes âgées et son sauvetage des banques.

«Tant que le Tea Party est en hausse, Bush est difficilement assimilable à autre chose qu'une personnalité qui sème la discorde», a estimé le sondeur et politologue républicain Mike McKenna.

Les républicains préfèrent se remémorer Ronald Reagan, l'un des présidents les plus populaires des États-Unis, près d'un quart de siècle après sa présidence. Huit ans après sa mort, il a eu droit à une vidéo hommage lors de la convention républicaine.

À la convention démocrate, le rôle de l'ancien président embarrassant est tenu par Jimmy Carter, présent uniquement en vidéo à une heure de faible écoute.

La stratégie des républicains consiste à associer Barack Obama à Jimmy Carter. «Je ne comprends pas vraiment pourquoi ils lui font jouer le mauvais rôle», s'est interrogé le consultant républicain Matt Mackowiak à propos de Jimmy Carter. «Cela rend ces comparaisons tellement faciles.»

L'interrogation de Matt Mackowiak est d'autant plus légitime que les partis américains ne s'embarrassent pas de sentimentalisme. Lorsqu'un ancien président représente un fardeau, il disparaît de la carte.

«Les présidences ratées sont enterrées lors des conventions», confirme Kathleen Hall Jamieson. «Richard Nixon n'existe même pas dans la rhétorique républicaine.»

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