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Le président égyptien Mohamed Morsi appelle au "changement" à Damas

05/09/2012 06:32 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Le président égyptien Mohamed Morsi a renouvelé mercredi ses appels à un départ du pouvoir actuel à Damas, et demandé aux pays arabes de se mobiliser pour trouver une solution rapide au conflit.

"Le temps du changement est arrivé", a déclaré le chef de l'Etat égyptien à l'adresse du régime du président Bachar al-Assad, dans un discours d'ouverture lors d'une réunion ministérielle de la Ligue arabe au Caire.

"Il ne faut pas perdre de temps à parler de réforme", a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que "le peuple syrien a fait entendre clairement sa voix" et prévenant M. Assad que son régime "ne sera pas là pour longtemps".

M. Morsi a également appelé Damas à "tirer les leçons de l'histoire récente", une allusion à la chute des régimes autoritaires confrontés à des révoltes populaires dans plusieurs pays arabes comme l'Egypte, la Tunisie et la Libye l'an dernier.

"Je veux dire au régime syrien qu'il y a encore une chance d'arrêter l'effusion de sang", a-t-il ajouté, en souhaitant un changement de pouvoir rapide: "ne prenez pas la bonne décision au mauvais moment", a-t-il déclaré.

Le président islamiste égyptien a également appelé les pays arabes à s'atteler à la recherche d'une solution au conflit. "Le sang syrien coule jour et nuit, et nous sommes responsables. Nous ne pouvons pas dormir tandis que le sang syrien est versé", a déclaré M. Morsi.

Le conflit en Syrie a fait plus de 26.000 morts en près de 18 mois, selon une ONG syrienne.

"J'en appelle à vous ministres des Affaires étrangères arabes, pour travailler dur afin que soit trouvée une solution urgente à la tragédie de la Syrie", a-t-il ajouté. "Si nous n'agissons pas, le reste du monde monde n'agira pas sérieusement".

Jeudi dernier, M. Morsi avait déjà fait sensation lors du sommet des pays non-alignés à Téhéran, en fustigeant "le régime oppressif qui a perdu sa légitimité" en Syrie, et en qualifiant le soutien à l'opposition de "devoir moral" et de "nécessité politique et stratégique".

Le ministère syrien des Affaires étrangères a pour sa part critiqué dimanche les positions de M. Morsi, en estimant qu'il n'avait pas encore la stature d'un chef d'Etat.

M. Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, a pris ses fonctions fin juin. Il est le premier chef de l'Etat égyptien à ne pas être issu de l'armée depuis le renversement de la monarchie en 1952.

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