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Le président égyptien exhorte Bachar el-Assad à démissionner

05/09/2012 09:29 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Le président égyptien Mohammed Morsi a affirmé mercredi que son homologue syrien Bachar el-Assad devait tirer les leçons de «l'histoire récente» et démissionner avant qu'il ne soit trop tard. Le premier ministre turc a quant à lui fustigé un «terrorisme d'État» en Syrie.

Les propos tenus par Mohammed Morsi semblent faire référence au sort des régimes autoritaires en Tunisie, en Égypte, en Libye et au Yémen, qui sont tombés dans la foulée des soulèvements du Printemps arabe, en 2011.

«Je dis au régime syrien qu'il reste encore une chance de mettre fin au bain de sang. N'écoutez pas les voix de la tentation qui vous disent de rester, car vous ne serez plus là pour très longtemps. (...) Il est trop tard pour parler de réforme. C'est l'heure du changement. Le régime syrien doit apprendre de l'histoire récente», a déclaré M. Morsi, élu président d'Égypte après la démission du président Hosni Moubarak en février 2011, sous la pression de la rue. «Tout le monde doit comprendre que le peuple syrien a pris sa décision et cette décision doit être appliquée par le changement», a-t-il ajouté.

Le président égyptien, qui s'exprimait à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire, avait déjà exprimé son soutien aux rebelles syriens le mois dernier lors du sommet des pays non alignés à Téhéran, alors que l'Iran est le principal allié du régime syrien.

Pour le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le régime de Bachar el-Assad «est devenu celui du terrorisme d'État». «La Syrie vit une grande crise humanitaire. Malheureusement, comme d'habitude, la communauté internationale se contente de regarder le massacre et l'élimination de musulmans», a-t-il dénoncé.

La Turquie est l'un des détracteurs les plus virulents du régime syrien. Elle accueille sur son sol des groupes de l'opposition syrienne et quelque 80 000 réfugiés.

À Bagdad, des sénateurs américains ont mis en garde le gouvernement irakien contre le risque de détérioration des relations avec les États-Unis s'il laisse des avions iraniens utiliser son espace aérien pour livrer des armes à la Syrie.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, en tournée en Asie, n'a pas réussi à convaincre le président chinois Hu Jintao de retirer le soutien de Pékin à Damas. La Chine et la Russie ont opposé leur veto à trois résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU ouvrant la voie à des sanctions contre le régime syrien.

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