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Le lap dance est-il de l'art?

05/09/2012 07:37 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST
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ALBANY, États-Unis - La «danse-contact» est-elle une forme d'art? C'est à cette délicate question que devra répondre un tribunal de l'État de New York, saisi par un club de danseuses érotiques qui réclame des exonérations fiscales.

La justice a été saisie par Nite Moves, un club de danseuses situé à Albany, qui conteste une réclamation fiscale de plus de 124 000 $ US après une vérification de ses comptes en 2005. L'administration fiscale estime que l'établissement, qui ne vend pas d'alcool, lui doit de l'argent pour les prestations proposées. L'affaire devait être examinée par la cour mercredi.

Nite Moves affirme que les «danses-contact» doivent être exonérées d'impôts car il s'agit d'une «performance artistique ou dramatique». Cette exonération s'applique habituellement au théâtre ou au ballet. Le club de danseuses s'appuie sur le témoignage d'un anthropologue culturel, qui a étudié les danses exotiques et s'est rendu dans l'établissement.

Selon l'avocat du club, Andrew McCullough, un avis positif de la cour ne ferait pas vraiment jurisprudence, car la plupart des établissements du même type vendent de l'alcool pour lequel d'autres taxes s'appliquent.

Un juge administratif s'est déjà prononcé en faveur du club. «Le fait que les danseuses enlèvent tout ou une partie de leur costume (...) n'enlève rien au fait que ces danses sont des chorégraphies», avait-il estimé.

Mais en appel, le tribunal administratif de l'État a estimé que le club n'avait pas présenté de preuve suffisante. Ainsi, il n'est pas demandé aux employées d'avoir pris des cours de danse, et l'anthropologue n'a pas assisté aux prestations effectuées dans les salles privées.