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Hesjedal boucle la boucle

05/09/2012 06:13 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

QUÉBEC - Ryder Hesjedal n'a pas changé d'un iota depuis sa victoire historique au Tour d'Italie. Toujours aussi réservé, modeste et peu loquace. La tête enflée, pas pour lui!

Un texte de Manon Gilbert

Hormis les célébrations d'après-course à Milan à la fin mai, qui se sont, paraît-il, terminées très tard dans la nuit, le seul débordement que s'est permis Hesjedal, c'est un défilé dans sa ville de Victoria à son retour après les Jeux olympiques.

Pour le reste, sa vie est une copie conforme de l'avant-Giro. Entraînement-courses-repos, entraînement-courses-repos.

« Ça ne m'était jamais arrivé un défilé à la maison. Les gens célébraient encore ma victoire au Giro. Moi, je me suis tenu tranquille. J'habite à la campagne, alors il n'y a pas beaucoup de chances de me croiser. Par contre, il n'y a pas eu une sortie à vélo où quelqu'un ne m'a pas encouragé », a raconté le Britanno-Colombien qui est devenu le premier Canadien à remporter un grand tour.

Par contre, son triomphe notoire lui a insufflé une bonne dose de motivation qu'il a traînée jusqu'à Québec.

« Je suis plus confiant parce que j'ai atteint ce but. C'est une satisfaction parce que ce n'est pas un sport facile. De dire que je suis champion d'un grand tour, de gagner une course aussi dure et aussi prestigieuse que le Giro, je suis plus qu'heureux. C'est quelque chose qui marque ma carrière. Cette performance me motive chaque jour même si j'ai chuté au Tour de France. »

Blessé à la hanche et au genou gauches lors de la sixième étape, Hesjedal avait complété la course avant de jeter l'éponge le lendemain.

Hormis les Jeux olympiques, il n'a disputé aucune course depuis. D'où les fourmis dans les jambes. La forme est à son apogée, paraît-il.

Si on se fie à ses dires, il a littéralement brûlé le bitume de ses parcours de jeunesse lors de ses entraînements qui suivaient la fin du Tour d'Espagne. Les prouesses de Joaquim Rodriguez, son plus grand rival au Giro qui a perdu le maillot rouge de meneur de la Vuelta mercredi, y sont peut-être pour quelque chose!

« Je me suis entraîné fort pour Québec et Montréal, je suis très motivé. J'espère être compétitif ici. »

Une vedette rock...

Et il n'y a pas que son sacre au Giro pour expliquer cette motivation. C'est la seule fois dans l'année où le coureur de Garmin-Sharp peut courser chez lui. Puis, les amateurs le connaissaient bien avant sa victoire en Italie.

En 2010, à sa grande surprise, les gens scandaient son nom après sa 7e place (maintenant 6e avec la suspension d'Alberto Contador) au Tour de France. L'an dernier, comme pour un chanteur rock, les jeunes filles se jetaient sur lui à sa sortie du Château Frontenac pour arracher une photo à ses côtés.

Quatrième à Québec et 3e à Montréal en 2010, Hesjedal sait qu'il peut aussi marquer un grand coup dans la province.

« Ce sont des parcours très sélectifs quand tu additionnes les ascensions, affirme le grand blond. Ce sont de bons parcours pour moi, pour de bons grimpeurs et de bons puncheurs à la fin. »

Depuis deux ans, Hesjedal concluait sa saison à Montréal. Cette année, sa chute au Tour de France a modifié ses plans. Il fera donc partie du contingent de quatre coureurs (la sélection officielle sera annoncée lundi) qui représentera le Canada aux Championnats du monde de Limburg (Pays-Bas) dans deux semaines.

« C'était une bonne occasion pour moi de faire les mondiaux, d'autant plus que le parcours me convient mieux qu'en 2010 et 2011. Je suis motivé aussi par ma présence au Tour de Lombardie. Je n'ai jamais participé à cette course parce que c'est tard dans la saison. Mais cette année, ça me convient parfaitement et, de plus, c'est une belle façon de conclure ma saison en Italie. »

Une belle façon aussi de boucler la boucle!

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