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Fusillade pendant le discours de Pauline Marois à Montréal: un mort

05/09/2012 01:24 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

MONTREAL - MONTREAL (Sipa) — Le discours prononcé mardi soir à Montréal devant plusieurs centaines de ses partisans par la dirigeante du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, après sa victoire aux élections législatives, a été perturbé par un drame. Un homme a ouvert le feu dans un vestibule situé à l'arrière de la salle où avait lieu le meeting, faisant un mort et un blessé.

Peu avant minuit, un homme a tiré sur deux hommes à l'intérieur de l'établissement où elle faisait son allocution, le Métropolis, a affirmé Ian Lafrenière, un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Un homme d'une quarantaine d'années est décédé. Un autre, blessé par balle, est hors de danger.

Après avoir ouvert le feu, le suspect, âgé de 62 ans, a allumé un incendie derrière le Métropolis et a pris la fuite à pied en peignoir et cagoule noirs, avant d'être rattrapé et arrêté par les policiers. Selon M. Lafrenière, deux armes à feu ont été retrouvées.

Au moment de son arrestation, l'homme a lancé en français, mais avec un accent: "Les Anglais se réveillent." Selon M. Lafrenière, il n'était pas connu des policiers.

Un responsable policier ayant requis l'anonymat a déclaré à l'agence Associated Press que le suspect s'appelait Richard Henry Bain et demeurait à La Conception, au Québec. On ignorait les raisons de son geste.

La Sûreté du Québec (SQ) a pris la responsabilité de l'enquête sur cette affaire en collaboration avec le SPVM. Le lieutenant Guy Lapointe, de la SQ, a précisé mercredi matin que le mobile du suspect n'avait pas encore été établi.

Il a précisé que les policiers avaient déjà rencontré une quinzaine de témoins. Il s'est par ailleurs montré satisfait de la rapidité de l'intervention de la police.

Pauline Marois a pu finir son discours à la hâte, mais le Métropolis a été rapidement évacué par la suite. Les journalistes présents sur place ont été priés de quitter la salle sans prendre le temps de récupérer leur matériel.

L'incident s'est déroulé rapidement et n'a duré que quelques minutes. Alors que Pauline Marois, nouveau Premier ministre élu, venait de monter sur scène et de commencer son discours de victoire, des gardes du corps l'ont prise par les deux bras et l'ont évacuée dans les coulisses en l'espace de quelques secondes.

Les partisans et les téléspectateurs se sont subitement retrouvés devant une scène vide, ne sachant pas ce qui se passait. Quelques secondes plus tard, le maître de cérémonie de la soirée, Yves Desgagnés, est arrivé sur scène pour annoncer que la salle devait être évacuée, sous le regard médusé des spectateurs.

Après quelques instants, Mme Marois est réapparue sur scène entourée de plusieurs gardes du corps. Elle a finalement été rejointe par des membres de son équipe et a poursuivi son discours et ses remerciements.

Elle a affirmé que la situation était sous contrôle et a invité les gens à rester. "C'est ce que doit faire une femme chef d'Etat", a-t-elle lancé, acclamée par quelque 2.000 militants.

Au cours de son allocution, elle a rendu hommage à son prédécesseur libéral, Jean Charest, à qui elle avait parlé un peu plus tôt. "Nous devons mettre le passé derrière nous et saluer l'homme qui a exercé cette fonction si exigeante pendant neuf ans."

Elle a aussi réitéré sa foi indépendantiste pour encourager ses militants, mais est restée assez laconique. "Je le dis avec conviction, l'avenir du Québec est de devenir un pays souverain."

Le Québec a tourné une page de son histoire, mardi, en choisissant pour la première fois de confier ses destinées à une femme, la responsable du Parti québécois, Pauline Marois. Son parti est arrivé en tête des élections législatives anticipées. Mais c'est une demi-victoire pour Mme Marois qui devra se contenter de diriger un gouvernement minoritaire.

Le PQ a été élu avec une mince majorité des voix, à peine 30.000, mais est minoritaire à l'Assemblée nationale du Québec, avec 54 candidats élus (32% des suffrages) sur 125. Son parti met fin à neuf ans de règne libéral.

Il faut obtenir au moins 35% des suffrages pour espérer former un gouvernement majoritaire, qui se traduit par un minimum de 63 sièges à l'Assemblée.

Les libéraux de Jean Charest, qui arrivent en deuxième position avec 50 élus (31% des suffrages), vont former l'opposition officielle, laissant la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault loin derrière (27,1. Mais ils devront composer sans Jean Charest, défait dans sa circonscription de Sherbrooke, qu'il représentait depuis 1998.

M. Charest aura dirigé le Québec pendant près d'une décennie, depuis avril 2003.

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