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"Du pain sur la planche" pour le nouveau gouvernement algérien

05/09/2012 10:25 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

La nouvelle équipe ministérielle en Algérie, chargée des réformes présidentielles, va devoir s'atteler à une rentrée menacée de mouvements sociaux dans un contexte économique difficile.

"Il y a du pain sur la planche", a reconnu le Premier ministre Abdelmalek Sellal en prenant ses fonctions mardi.

Avec des hausses de prix à la consommation de 8,7% en juin, soit une inflation annuelle de 7,3%, des pénuries d'eau potable et de pain, des coupures répétées d'eau et d'électricité, des revendications continues de logements, la grogne sociale est au rendez-vous.

Les subventions de l'Etat sur les produits de première nécessité -huile, sucre, farine, essence, électricité, eau- "réduisent artificiellement le taux d'inflation réel, sinon il serait supérieur à 10-15%", estime Abderrahmane Metboul, expert économique international.

Selon lui, "70% de la population active perçoit moins de 30.000 dinars (moins de 300 euros) net par mois".

S'ajoute un taux de chômage touchant un jeune sur cinq (22%) et de sous-emploi de 17,7% dans la même tranche d'âge de 16 à 24 ans, selon l'Office national des statistiques, alors que 70% des 37 millions d'Algériens ont moins de 35 ans.

L'économie, basée sur la rente des hydrocarbures (98% des exportations), est fragilisée par les soubresauts du pétrole à l'international. En 2010-2011, l'Algérie n'a pas dépassé les 3% de croissance, surtout tirée par les dépenses publiques.

Dans ce contexte, la Fédération nationale du secteur des communes (FNSC, autonome) a lancé mardi une grève de huit jours, diversement suivie, tout en maintenant un service minimum.

"Nous lançons un appel au nouveau Premier ministre (...) pour qu'il se penche sur notre dossier" (statut, évolution de carrière et salaires), a déclaré le président du FNSC, Aït Khalifa Ezzeddine, au quotidien Temps d'Algérie de mercredi.

Alors que la rentrée scolaire a lieu dimanche, les enseignants se préparent à affronter des classes surchargées, avec en particulier 200.000 élèves de plus dans le secondaire, selon un syndicat.

"Aujourd'hui même, on nous a versé les rappels des augmentations de salaires et des primes. Cela signifie que tout est fait pour éviter une grève dans le secteur de l'éducation", a déclaré mercredi à l'AFP le président du Syndicat national des travailleurs de l'éducation (SNTE, autonome) Mohamed Bennaoui.

Il a cependant indiqué qu'aucune grève n'était envisagée dans l'immédiat.

Les militaires à la retraite, les secteurs du transport et de la santé ne sont pas en reste.

Sous une grande pression l'année dernière, avec de nombreuses grèves et manifestations, l'Etat avait alloué un budget supplémentaire de 3,2 milliards d'euros aux augmentations salariales.

Pour M. Metboul, l'objectif du gouvernement est de préparer l'élection présidentielle d'avril 2014 "sans remous sociaux avec entretemps certainement la révision constitutionnelle". Il n'envisage ainsi "aucun changement de cap de la politique économique".

La presse s'interrogeait également mercredi sur la capacité de changements de la nouvelle équipe ministérielle, dirigée par un très proche du président Abdelaziz Bouteflika pour avoir dirigé ses deux dernières campagnes électorales (2004 et 2009).

Certes, six "dinosaures" sont partis, dont le Premier ministre Ahmed Ouyahia, en poste depuis 2008, mais les postes-clés n'ont pas changé de main.

Lors de la passation de pouvoir au ministère des Ressources en eau, M. Sellal a estimé que son successeur, Hocine Necib, 56 ans, et plusieurs autres "nouvelles têtes" du gouvernement faisaient partie "de la nouvelle génération que l'Algérie prépare à prendre la relève", selon des propos cités par l'agence APS.

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