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Des pirates s'emparent d'un nouveau tanker à Lagos

05/09/2012 09:56 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Des pirates ont pris le contrôle d'un tanker singapourien au Nigeria avec un équipage de 23 Indiens à bord, dans la troisième attaque de navire depuis un peu plus de deux semaines dans le golfe de Guinée.

Les pirates ont déclaré avoir saisi le navire dans le port même de Lagos, mais les autorités nigérianes ont affirmé que l'attaque s'était déroulée au large.

Un porte-parole de la compagnie maritime qui gère le Abu Dhabi Star, le navire capturé, a indiqué qu'on ne savait pas encore où il se trouvait.

"Nous avons reçu un seul message de l'équipage disant qu'ils avaient été abordés (...) Nous ne savons pas encore à quel endroit il a été attaqué", a déclaré Pat Adamson de Maritime Technical International, une société de communications représentant Pioneer Ship Management.

M. Adamson a indiqué à l'AFP que le bateau pouvait transporter jusqu'à 45.000 tonnes de pétrole au moment où il a été attaqué. Il a ajouté qu'un bateau de la marine nigériane avait été repéré près de l'Abu Dhabi Star mercredi soir, mais il ne savait pas si les opérations de secours avaient été entreprises.

Un officier de marine nigérian a confirmé à l'AFP la prise de contrôle du navire. "Le bateau a été attaqué la nuit dernière sur les côtes du Nigeria. Nous essayons d'avoir plus de détails sur la capture mais tout est fait pour assurer la sécurité de l'équipage", a déclaré le porte-parole de la marine, Kabir Aliyu.

Un appareil de géolocalisation a situé le tanker à 31,4 milles nautiques du port de Lagos mercredi vers 11h00 GMT et la marine nigériane s'est lancée à sa poursuite, a ajouté M. Aliyu.

Selon le Centre anti-piraterie du Bureau maritime international (BMI) de Kuala-Lumpur, le pétrolier transportait 23 membres d'équipage, et faisait route vers la haute mer. Le Bureau n'a pas donné d'indication quant aux circonstances de l'attaque survenue mardi soir.

"Nous avons informé les autorités nigérianes qui ont pris l'affaire en mains", a déclaré Noel Choong, chef du bureau du BMI en Malaisie.

Les membres de l'équipage se sont enfermés dans une pièce sécurisée, a encore indiqué M. Choong, qui a ajouté que le BMI était "très inquiet à propos de leur sécurité et de l'avalanche de cas de pirateries".

Les autorités portuaires nigérianes ont démenti que le bateau ait été abordé à l'intérieur du port de Lagos.

"Il n'y a eu aucune attaque de navire dans le port de Lagos. En fait, cela ne peut pas se produire et cela ne s'est jamais produit. S'il y a une attaque, elle se passe en haute mer", a déclaré à l'AFP le porte-parole des autorités portuaires, Michael Ajayi.

Des bateaux ont cependant déjà été attaqués alors qu'ils s'apprêtaient à mouiller dans le port.

Le dernier acte de piraterie, l'attaque d'un tanker grec près du Togo, s'était déroulé le 28 août. Deux membres d'équipage avaient été blessés.

M. Choong a souligné que le mode opératoire de l'attaque du navire singapourien était identique à celui des deux précédentes attaques, ce qui pourrait laisser penser que les pirates font partie d'un même groupe.

"Ils prennent possession du navire pendant cinq jours environ, pillent les cabines de l'équipage et siphonnent le pétrole vers un autre bâtiment", a-t-il expliqué.

Il s'agit du troisième incident de ce type en un peu plus de deux semaines dans le golfe de Guinée, où les actes de piraterie ont connu une nette recrudescence au cours du premier semestre.

Le 28 août, un pétrolier grec transportant 24 membres d'équipage russes avait été saisi au large du Togo et le 19 août, des pirates avaient abordé un tanker britannique avec 18 membres d'équipage. Personne n'a été tué dans ces attaques.

Selon un rapport du BMI publié en juillet, l'augmentation des actes de piraterie dans le golfe de Guinée est due en partie à une meilleure comptabilisation des attaques.

Selon ce rapport, 32 attaques ont été signalées au large des côtes du Bénin, du Nigeria et du Togo entre janvier et juin, contre 25 en 2011. La plupart des raids impliquent "un niveau élevé de violence", avec des dizaines de prises d'otages, précise le rapport.

Après la Corne de l'Afrique, les côtes de l'Afrique de l'ouest sont désormais identifiées comme un nouveau point chaud de la piraterie, où les tankers chargés de brut sont particulièrement visés.

Le Nigeria et le Bénin ont mis sur pied l'année dernière des patrouilles conjointes pour tenter de mettre fin à ces attaques.

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole d'Afrique et de nombreux tankers chargés de brut croisent dans ses eaux, attirant des pirates qui souvent volent le brut pour l'écouler sur un très lucratif marché noir régional.

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