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Cameroun : une ONG demande l'arrêt d'un projet de culture de palmiers à huile

05/09/2012 07:38 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

L'institut Oakland a demandé mercredi l'arrêt d'un important projet de culture de palmiers à huile mené depuis 2010 au Cameroun par une société américaine, redoutant notamment "la mise en péril d'écosystèmes uniques", et de moyens de subsistance pour les populations.

"Si on veut empêcher la disparition planifiée des moyens de subsistance de milliers de Camerounais et la mise en péril d'écosystèmes uniques, ce projet doit aujourd'hui être stoppé", a plaidé The Oakland Institute dans un rapport publié mercredi.

Rédigé en collaboration avec Greenpeace International, le rapport qualifie le projet de la SG Sustainables Oils Cameroon Ltd (SGSOC) de "déforestation massive travestie en projets de développement durable", et dénonce notamment un retour économique "très limité" pour le pays.

En 2009, le gouvernement camerounais a concédé à SGSOC, filiale camerounaise de la compagnie américaine Herakles Farms, 73.086 hectares de terres dans le sud-ouest du pays pour y créer une plantation industrielle de palmiers à huile et une raffinerie, le bail foncier couvrant une période de 99 ans. Une bonne partie de cette surface concédée se situe dans une forêt primaire.

The Oakland Institute fait état dans son rapport de plusieurs manifestations d'opposition à ce projet par les populations locales, soulignant que la dernière, datant du 6 juin, "a donné lieu à de sévères intimidations ainsi qu'à des arrestations (suivies de plusieurs jours de détention)".

L'organisme souligne par ailleurs qu'en avril, "onze scientifiques de réputation mondiale ont publié une lettre ouverte demandant au gouvernement camerounais de stopper ce projet qui, selon eux, menace une des zones protégées les plus importantes d'Afrique".

"Notre projet, s'il est mené à bien, sera important et aura des impacts majeurs tant environnementaux que sociaux. (...) Ma conviction absolue est que nous écrivons une page extrêmement positive de l'histoire de tous ceux qui habitent dans notre région d'intervention", assure Bruce Wrobel, président d'HeraklesFarms, cité dans le rapport.

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