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Bill Clinton et Barack Obama font front uni à la convention

05/09/2012 12:10 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

CHARLOTTE, États-Unis - L'ancien président américain Bill Clinton a prononcé mercredi soir un discours enflammé pour investir Barack Obama — avec qui il a entretenu pourtant des rapports assez froids — et présenter le président comme un homme qui a travaillé fort pour sortir les États-Unis du gouffre dans lequel les républicains les ont laissés.

M. Clinton, qui a supervisé la période de prospérité économique aux États-Unis dans les années 1990, a désigné formellement le président Barack Obama à titre de candidat du Parti démocrate à la prochaine élection présidentielle.

Le geste, inhabituel au Parti démocrate, vise à redonner confiance aux Américains face à la pire crise économique qui affecte leur pays depuis la Grande Dépression.

M. Clinton a dit nommer M. Obama pour l'obtention d'un deuxième mandat car il veut un homme qui est calme en surface, mais qui «brûle» pour les États-Unis à l'intérieur.

Il a fait valoir que M. Obama avait hérité d'un pays dont l'économie est sévèrement endommagée, mais «qu'il en avait arrêté la chute et commencé à construire la longue route vers la guérison».

Selon M. Clinton, le président démocrate a «installé les fondations d'une économie plus moderne et plus équilibrée, qui produira de nouveaux emplois, de nouvelles entreprises et beaucoup de richesse pour les innovateurs».

«À (la convention républicaine de) Tampa, l'argument principal des républicains contre la réélection de Barack Obama était le suivant: "Nous lui avons laissé un gros gâchis, il n'a pas terminé de le nettoyer, alors virez-le et ramenez-nous au pouvoir"», a lancé M. Clinton, qui soutient à l'inverse que la réélection d'Obama est l'option la plus logique.

Selon M. Clinton, les Américains doivent maintenant se demander dans quel genre de pays ils souhaitent vivre.

«Si vous avez envie d'une société où vous serez seuls, où il n'y aura qu'une poignée de gagnants, alors choisissez l'équipe républicaine. Mais si vous voulez un pays où la richesse et la responsabilité se partagent, une société inclusive, alors vous devriez voter pour Barack Obama et Joe Biden.»

Dans un discours livré à des démocrates en liesse, M. Clinton a non seulement lancé des salves aux républicains, mais aussi brossé un portrait de M. Obama comme un homme qui suscite une haine irrationnelle de la part de ses rivaux politiques malgré ses tentatives généreuses pour leur tendre la main.

«Hey! Il a même nommé Hillary!», a-t-il laissé tomber, faisant référence à son épouse, la Secrétaire d'État, Hillary Clinton, ayant déjà croisé le fer avec M. Obama aux primaires démocrates.

À un certain moment, le télésouffleur de M. Clinton a connu des ratés, mais l'ancien président a continué d'y aller de mots d'esprit qui ont réjoui la foule.

Mais il a aussi sonné l'alarme quant aux promesses et politiques républicaines.

Quand il a demandé aux gens présents s'ils étaient mieux aujourd'hui qu'avant que Barack Obama ne soit élu au coeur d'une quasi-dépression il y a quatre ans, ils se sont levés d'un bond et ont répondu: «Oui!»

À la fin du discours de M. Clinton, M. Obama est arrivé sur la scène et donné une accolade à l'ancien président démocrate.

Le rival de M. Obama à la présidentielle de novembre, le républicain Mitt Romney, est considéré par les électeurs comme le mieux qualifié pour relancer l'économie. Bill Clinton avait donc pour tâche de faire changer cette perception.

Son discours devrait peser lourd dans une relation en dents de scie entre les deux hommes d'État. Quand M. Obama s'est imposé comme une vedette du parti démocrate en 2004, M. Clinton s'est dit blessé, car l'actuel président aurait laissé entendre auparavant qu'il ne voyait pas en M. Clinton l'acteur de changement qu'il prétendait être. Les deux hommes se sont également affrontés indirectement lors des primaires de 2008, quand Hillary Clinton était candidate à l'investiture démocrate.

Les sondages montrent que MM. Obama et Romney sont au coude à coude dans les intentions de vote, et l'élection présidentielle du 6 novembre s'annonce comme la plus serrée de l'histoire récente des États-Unis. Même si Mitt Romney a l'avantage sur le dossier économique, Barack Obama est vu comme plus proche des réalités de l'Américain moyen.

Le président Obama est arrivée en Caroline du Nord mercredi après-midi en vue de son discours d'acceptation de l'investiture jeudi soir. Son équipe a décidé d'annuler son discours prévu dans une stade en plein air de 74 000 places à cause de la menace d'orages violents dans la région de Charlotte. Il prononcera plutôt son discours au Time Warner Cable Arena où se déroule la convention démocrate, et qui peut accueillir 15 000 personnes.

Ce changement de dernière minute empêchera le président sortant de répéter la scène extraordinaire de 2008, quand il avait accepté l'investiture démocrate devant un stade de 84 000 places rempli à pleine capacité.

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