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Zone euro: Hollande mise sur la BCE pour faire baisser les taux d'intérêts

04/09/2012 11:57 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

ROME - ROME (Sipa) — A deux jours d'une réunion très attendue de la Banque centrale européenne (BCE), François Hollande a réaffirmé mardi que cette institution devait pouvoir agir pour réduire les écarts exagérés entre les taux d'intérêt auxquels les différents pays de la zone euro empruntent sur les marchés financiers.

Le président français poursuivait mardi sa tournée européenne à Rome, après Berlin le 23 août et Madrid le 30 août, et avant Londres le 6 septembre. Le chef de l'Etat, qui a aussi reçu le Premier ministre grec Antonis Samaras à l'Elysée le 25 août, doit en outre s'entretenir mercredi avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

"C'est vrai qu'il y a des taux d'intérêt (...) sur la dette souveraine qui sont trop élevés dans un certain nombre de pays (...), notamment en Italie", a-t-il déclaré. Faire baisser ces taux "est le rôle de tous ceux qui ont vocation à intervenir sur la zone euro, et notamment la Banque centrale européenne", a-t-il expliqué, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président du Conseil italien, Mario Monti, à Rome.

Jeudi, Mario Draghi, le président de la BCE, devrait présenter le programme de rachat d'obligations de pays en difficulté, comme l'Espagne et l'Italie, destiné à faire baisser les taux d'intérêts.

François Hollande a dressé une liste de "trois étapes" destinées à sortir la zone euro de la crise des dettes souveraines. D'abord, "faire appliquer les conclusions du Conseil européen des 28 et 29 juin", qui a notamment validé le pacte de croissance réclamé par le président français.

La deuxième étape, "que nous avons maintenant à franchir", consiste à régler la question de la Grèce et de l'Espagne, les deux pays les plus en difficulté des 17 membres de la zone euro, a argumenté le chef de l'Etat.

Les dirigeants du bloc monétaire attendent notamment le rapport des inspecteurs de la "troïka" formée par l'Union européenne, la BCE et le Fonds monétaire international (FMI), qui doivent se rendre en Grèce en septembre.

Quant à la troisième étape, qui devra être franchie avant la "fin de l'année", elle portera sur "l'union bancaire et l'approfondissement de l'union économique et monétaire", a-t-il dit.

"Je suis très attaché à ce que ces étapes soient clairement exposées et franchies par les conseils européens", a insisté François Hollande. Le prochain Conseil européen est prévu les 18 et 19 octobre, le suivant aura lieu en décembre.

Le président français a plaidé une nouvelle fois pour des réunions plus fréquentes des pays membres de la zone euro, comme il l'avait fait lors de la Conférence des ambassadeurs, le 27 août à l'Elysée.

"Pour l'instant, il est trop tôt pour faire des changements, (...) mais c'est vrai que nous pouvons nous réunir plus régulièrement et tous ensemble, et avec une zone euro qui s'organise davantage", a-t-il suggéré. "C'est tout l'enjeu de la feuille de route qui sera approuvée précisée lors du Conseil européen de la fin de l'année."

François Hollande a plaidé pour des "capacités de décision plus grandes" et des modalités de décisions "plus simples et plus faciles".

AP-sc/st

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