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Yémen: le pouvoir enquête sur la mort de civils dans un raid contre Al-Qaïda

04/09/2012 11:12 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Les autorités yéménites ont dépêché une délégation tribale dans une région du centre du pays pour déterminer les circonstances de la mort de civils dans une attaque visant un chef local d'Al-Qaïda, a indiqué mardi à l'AFP un chef tribal.

Selon des sources concordantes, 14 personnes ont été tuées dimanche lors du raid visant le chef local d'Al-Qaïda, Abdelraouf al-Dahab, qui a échappé à l'attaque: dix hommes, trois femmes et un enfant.

Un bilan de source tribale avait fait état dimanche de treize morts, dix hommes présentés comme des militants présumés d'Al-Qaïda, et trois femmes.

"Nous avons été dépêchés par le gouvernement pour établir les raisons de l'erreur" qui a mené à la mort de ces quatorze personnes, a affirmé à l'AFP le chef tribal Tawfic al-Jahmi, membres de la délégation.

Le raid, mené par un avion qui pourrait être un drone, avait visé deux véhicules à Radaa, à 130 km au sud-est de Sanaa: la première roquette avait raté la voiture d'al-Dahab et la seconde avait atteint de plein fouet une camionnette qui le suivait, tuant tous ses occupants.

Les proches des victimes ont coupé le lendemain en signe de colère la route reliant Radaa à la ville de Dhammar, et exigé une compensation des autorités.

Selon le chef tribal, la délégation a offert aux familles des victimes une compensation de 20 millions de dollars (près de 100.000 dollars) pour calmer leur colère et obtenu qu'ils rouvrent la route coupée.

Le dignitaire n'a pas précisé si les dix hommes tués dans le raid étaient des civils faisant partie de la tribu d'al-Dahab, lui-même un chef tribal, ou des partisans d'Al-Qaïda.

Le frère de Abdelraouf al-Dahab, Tarek, avait à la tête de combattants d'Al-Qaïda pris le contrôle de la ville de Radaa en janvier avant de s'en retirer sous la pression des tribus puis d'être tué en février.

Dans un communiqué, les partis du Forum Commun, ancien opposition faisant aujourd'hui partie du gouvernement d'entente nationale, ont dénoncé "la mort de civils tués par un drone" à Radaa.

Les Etats-Unis sont les seuls à avoir des drones dans la région et ont mené ces derniers mois des raids ciblés contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) dans le sud et l'est du Yémen, même s'ils ne l'annoncent pas officiellement.

En décembre 2009, des missiles de croisière tirés selon Amnesty International par l'armée américaine dans le sud du Yémen avaient entraîné la mort de 55 civils dans le village de Maajala.

Le réseau extrémiste avait profité de l'affaiblissement du pouvoir central, à la faveur de l'insurrection populaire contre l'ancien président Ali Abdallah Saleh en 2011, pour renforcer son emprise, notamment dans l'est et le sud du pays.

mou-at/hj

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