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US Open - Serena et Mouratoglou, une +success story+ franco-américaine

04/09/2012 03:47 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

La collaboration entre la championne américaine Serena Williams et l'entraîneur français Patrick Mouratoglou, entamée de manière informelle il y a trois mois et qui continue de porter ses fruits à l'US Open, est en train de s'affirmer comme l'une des +success story+ de l'année.

29 mai 2012: l'Américaine prend un vilain coup au moral avec son élimination au 1er tour à Roland-Garros face à la Française Virginie Razzano, alors 111e mondiale.

A 30 ans et après un an d'absence entre juillet 2010 et juin 2011 à cause d'une blessure sérieuse et d'un grave problème de santé, Williams n'est pas revenue sur le circuit pour faire de la figuration. Elle a la certitude qu'elle peut à nouveau imposer sa loi sur le tennis féminin, comme à la belle époque.

Il se produit alors un petit évènement: elle demande de l'aide à l'extérieur de son cercle familial, à un entraîneur français de surcroît, elle qui a rarement sollicité les conseils d'une autre personne que son père Richard.

Patrick Mouratoglou, 42 ans, créateur en 1996 du centre d'entraînement éponyme à Thiverval-Grignon (Yvelines), s'est forgé une réputation en guidant les premiers pas du Chypriote Marcos Baghdatis, de la Russe Anastasia Pavlyuchenkova et aujourd'hui du prometteur Bulgare Grigor Dimitrov.

A croire que sa passion pour le jeu, son expertise et son éthique du travail ont été contagieuses puisque Serena a vite repris le chemin de la réussite, avec un 14e titre du Grand Chelem à Wimbledon, un trophée à Stanford et la médaille d'or aux jeux Olympiques de Londres, encore sur le gazon du "Centre Court".

Et à l'US Open, où elle joue mercredi en quarts de finale contre la Serbe Ana Ivanovic, Serena est sur la voie royale avec 12 jeux perdus en quatre matches.

"Cela ne m'a pas surpris que Serena vienne me solliciter, assure Mouratoglou. Pourquoi le serais-je ? J'estime avoir des compétences et avoir fait mes preuves sur le circuit. Mais c'est un immense honneur quand même car on ne rencontre pas tous les jours des championnes de la trempe de Serena. Aucune joueuse en activité n'a son palmarès. Je suis donc ravi de collaborer avec elle."

"Notre relation de travail est très bonne", explique-t-il à l'AFP. "Elle a gardé toute sa fraîcheur et elle a aussi faim qu'avant."

Réputé pour être l'un des entraîneurs les plus exigeants du circuit, ce qui a découragé de nombreux joueurs, Mouratoglou estime qu'il a aidé la championne en l'aidant à "retrouver un peu de fraîcheur" avec son "regard extérieur".

"Je lui communique une énergie différente", explique-t-il.

"Sur le plan technique il y avait beaucoup de petits ajustements à faire et avec une joueuse de ce niveau, les petits ajustements ont de grands effets", analyse Mouratoglou, qui admet aussi que la pression est au rendez-vous.

"Avec une telle championne, dès qu'on ne gagne pas, quelque part c'est un échec, souligne-t-il. Mais la pression fait partie de notre métier, alors ça ne pose pas de problème".

Le Français assure que la championne aujourd'hui trentenaire "a une marge de progression dans pas mal de domaines, même par rapport à sa meilleure époque".

"Je pense qu'elle est unique au service, en retour et en matière de puissance de frappe. Mais ailleurs elle peut s'améliorer. Et comme elle est dans une dynamique de vouloir encore progresser, je pense qu'elle peut devenir encore plus forte", déclare Mouratoglou.

Pour autant, il n'est pas question pour la paire de s'engager à long terme. "Je n'aime pas les contrats", tranche Mouratoglou. "Entre un joueur et un coach, tant que ça fonctionne, on continue. Dès que ça ne fonctionne plus, on arrête. On a commencé par trois jours d'entraînement, puis dix jours, puis on a fait un tournoi, Wimbledon, puis un autre, les jeux Olympiques. Là on fait l'US Open. Après, on verra."

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