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Nouveau cycle de négociations entre les deux Soudans à Addis Abeba

04/09/2012 12:25 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Le Soudan et le Soudan du Sud ont entamé mardi soir à Addis Abeba un nouveau cycle de négociations, à trois semaines de l'expiration du délai donné aux deux parties par l'Union africaine, parrain des discussions, pour qu'elles parviennent à régler l'ensemble de leurs différends.

"Pétrole et autres questions économiques, différend frontalier et (zone contestée de) Abyei, voilà les sujets à l'ordre du jour", a déclaré à l'AFP le ministre sud-soudanais des Affaires gouvernementales, Deng Alor.

Les pourparlers ont repris mardi soir avec une rencontre réunissant dans la capitale éthiopienne M. Alor, le négociateur soudanais Mohammed Abdel Qadir et le médiateur de l'UA, l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki.

L'UA a repoussé au 22 septembre la date limite pour un accord global, les deux parties n'ayant pu s'entendre avant la précédente date butoir du 2 août.

Les sujets de tension non réglés restent nombreux entre les deux Soudans depuis l'accord de paix signé en 2005 par Khartoum et Juba, qui a mis fin à des décennies de guerres civiles et débouché en 2011 sur l'indépendance du Soudan du Sud.

Ces tensions avaient dégénéré entre fin mars et début mai en combats frontaliers d'une ampleur sans précédent depuis la partition du Soudan, faisant craindre une reprise des hostilités à grande échelle.

Début août, Khartoum et Juba ont conclu un accord sur le pétrole, concernant notamment les redevances de passage du brut sud-soudanais par les oléoducs du nord, un des sujets les plus épineux entre les deux voisins. Le Soudan du Sud a hérité de 75% des réserves de brut du Soudan d'avant la sécession, mais dépend pour l'exporter des infrastructures du Nord.

Des détails de l'accord pétrolier restent à finaliser, a expliqué mardi M. Alor. Les deux parties devront également s'accorder sur le statut de la zone d'Abyei, sur le tracé de leur frontière et sur la mise en place d'une zone-tampon démilitarisée.

Khartoum avait annoncé que l'accord sur le pétrole ne serait entériné que si un accord sur la frontière et la sécurité était signé lors de l'actuel cycle de négociations.

Juba a stoppé sa production en janvier, se privant de 98% de ses recettes, furieux que Khartoum, faute d'accord alors sur les redevances de transit, se paye en prélevant son pétrole.

"Il y a un sentiment d'urgence, les deux pays ont désespérément besoin de l'accord sur le pétrole", a souligné M. Alor, estimant qu'il faudrait entre trois et six mois après la conclusion d'un accord final pour que Juba puisse recommencer à exporter.

L'arrêt des exportations pétrolières du Sud a privé de recettes les deux pays, menaçant d'effondrement leurs économies respectives.

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