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L'étoile montante des démocrates, Julian Castro, électrise la convention

04/09/2012 11:58 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Le jeune maire d'origine mexicaine Julian Castro, étoile montante du Parti démocrate, a électrisé mardi soir la convention réunie à Charlotte (Caroline du Nord), accusant le républicain Mitt Romney de ne "pas comprendre" la souffrance des gens.

"Mitt Romney, c'est tout simple, il ne comprend pas", a lancé M. Castro, maire de la ville de San Antonio, au Texas (sud), dans un discours prononcé devant des milliers de délégués démocrates et des millions de téléspectateurs américains.

"Je pense que c'est un homme sympathique. Mais il ne réalise pas combien cela a été facile pour lui", a ajouté M. Castro, 37 ans, faisant référence à l'enfance dorée selon lui du républicain, fils de gouverneur.

Julian Castro est le premier Hispanique à s'être vu attribuer l'un des discours phare de la convention démocrate, le "keynote speech", qui est traditionnellement réservé à la génération montante.

Il y a huit ans, en 2004, un certain Barack Obama, alors jeune élu de l'Illinois, avait lui aussi obtenu cette distinction lors de la convention du Parti démocrate à Boston.

Elu en 2009 maire de San Antonio, une métropole texane située près de la frontière mexicaine, M. Castro avait été réélu en 2011 avec presque 83% des voix, et représente une nouvelle génération de personnalités politiques hispaniques, la minorité la plus importante aux Etats-Unis.

Dans son discours, il s'en est pris aux propositions économiques de Romney, qui selon lui non seulement "seraient comme un coup de massue sur la classe moyenne, mais la feraient disparaître".

"Leurs théories ont été mises à l'épreuve. Cela a échoué. La classe moyenne en a payé le prix. Vos familles en ont payé le prix. Mitt Romney, c'est tout simple, ne comprend pas", a-t-il enchaîné aux cris de "quatre ans de plus".

"Au final, le rêve américain n'est pas un sprint ni un marathon, c'est un relais. Nos familles ne traversent pas toujours l'aire d'arrivée le temps d'une seule génération", a-t-il dit.

L'élu, qui a précédé la Première dame Michelle Obama, a également utilisé son discours pour se faire mieux connaître des Américains. C'est son frère jumeau Joaquin Castro, lui-même candidat à la Chambre des représentants en novembre qui l'a présenté.

Né aux Etats-Unis, Julian Castro a raconté ses origines modestes et comment il avait été élevé par sa grand-mère, la première du clan à immigrer du Mexique au Texas, et sa mère qui a lutté "pour que je puisse tenir ce micro au lieu d'un balai". Son père est lui aussi d'origine mexicaine.

Diplômé de droit à Harvard, tout comme M. Obama, Julian Castro est marié à Erica Lira Castro depuis 2007 et père d'une fille de trois ans, Carina Victoria.

Dans un entretien accordé à l'AFP peu avant son discours, M. Castro a assuré ne pas caresser l'idée d'être le premier président des Etats-Unis d'origine latino, comme M. Obama a été le premier Noir à la Maison Blanche. "Je sais que cela arrivera en temps voulu, mais ce ne sera pas moi. Ce n'est pas ce que je vise. Mais je crois que les Etats-Unis y sont prêts".

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