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Le Yémen réclame une aide de près de 12 milliards de dollars

04/09/2012 06:37 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Le Yémen, au bord de l'effondrement économique, a appelé les donateurs réunis mardi à Ryad à lui accorder une aide de près de 12 milliards de dollars pour l'aider à traverser une périlleuse transition.

"Le gouvernement d'entente nati1onale a besoin de 11,9 milliards de dollars à court terme, et surtout d'une aide urgente de 4,7 milliards avant février 2013", a affirmé le ministre yéménite du Plan Mohammed Saïd al-Asaadi à l'ouverture de la réunion.

Le Premier ministre yéménite Mohamed Basindawa a pour sa part estimé que son gouvernement "a franchi une étape importante dans l'application de l'accord de transition" en vertu duquel le président contesté Ali Abdallah Saleh a cédé le pouvoir à Abd Rabbo Mansour Hadi, élu en février 2012.

M. Basindawa avait indiqué dans des déclarations à l'agence officielle yéménite Saba qu'une amélioration de la situation économique était indispensable pour "traverser avec succès la période transitoire" de deux ans et "empêcher le pays de replonger dans le chaos et la violence".

Le Premier ministre a assuré que son gouvernement s'engageait à "la transparence dans l'utilisation des fonds".

Dans son discours à l'ouverture de la réunion qui doit durer deux jours, le ministre saoudien des Finances Ibrahim al-Assaf a appelé les donateurs à "de nouvelles contributions en faveur du Yémen", soulignant l'ampleur des problèmes économiques de son pays.

Wael Zakout, directeur pour le Yémen à la Banque Mondiale, a souligné dimanche dans un document publié sur le site de la Banque Mondiale la situation catastrophique dans le pays, où "plus de la moitié des habitants subsistent avec moins de deux dollars par jour".

"La malnutrition parmi les enfants de moins de cinq ans est de plus de 50%, soit le deuxième taux le plus élevé au monde" alors que le "chômage atteint le taux de 40% parmi les jeunes", a-t-il souligné.

M. Assaf a signé en marge de la réunion avec le ministre yéménite du Plan des accords sur la répartition d'une aide de 3,25 milliards de dollars que l'Arabie saoudite s'était engagée en mai à verser.

En vertu de ces accords, l'Arabie saoudite effectue un dépôt d'un milliard de dollars à la Banque centrale yéménite pour soutenir la monnaie locale, le riyal, accorde un don de 1,75 milliard de dollars pour financer des projets de développement et consacre un demi-million à des crédits pour l'exportation de marchandises saoudiennes.

Le Yémen, l'un des pays arabes les plus pauvres, est sorti exsangue d'une année de contestation qui a abouti au départ du président Saleh et à l'élection de M. Hadi pour une période transitoire de deux ans devant s'achever avec la tenue d'élections générales à la mi-2014.

En mai dernier, sept organisations d'aide internationale avaient averti que le pays était au bord d'une "crise alimentaire catastrophique" et qu'au moins 10 millions de personnes, soit environ 44% de la population, n'avaient pas assez à manger.

La réunion de Ryad sera suivie par la quatrième réunion des "Amis du Yémen" et d'une conférence des donateurs qui se tiendront à New York en marge de l'assemblée générale de l'ONU le 27 septembre.

Outre la situation économique, le Yémen est confronté à des défis politiques et de sécurité. L'ancien président Saleh n'a pas renoncé à ses ambitions politiques et a appelé, lors d'un meeting ayant réuni des centaines de ses partisans lundi à Sanaa, le gouvernement de M. Basindawa à "démissionner car il a échoué à maintenir l'ordre et la stabilité".

Le nouveau gouvernement fait également face à la menace d'Al-Qaïda, dont les partisans sont fortement implantés dans le sud et l'est du pays.

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