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Le Yémen obtient des promesses d'aide de 6,4 milliards de dollars

04/09/2012 10:55 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Le Yémen, au bord de l'effondrement économique, a obtenu mardi des promesses d'aide de 6,4 milliards de dollars lors d'une conférence de donateurs à Ryad, alors qu'il en réclamait presque le double.

Cette somme comprend les quatre milliards de promesses d'aide annoncées lors de la réunion du club des "Amis du Yémen" qui s'était tenue fin mai à Ryad, dont 3,25 milliards de dollars de l'Arabie saoudite.

"Le chiffre total (des promesses d'aide) est de 6,396 milliards de dollars, pour financer la période à court terme et en partie à long terme", a déclaré lors de la réunion Inger Andersen, vice-présidente pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de la Banque mondiale.

La Banque mondiale a fait "un don de 400 millions de dollars, venant s'ajouter à un don précédent de 700 millions de dollars", a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis se sont pour leur part engagés à verser 846 M USD, l'UE a promis 214 M USD, la Grande-Bretagne 311 M USD, l'Allemagne 158 M USD et les Pays-Bas 100 M USD.

A l'ouverture de la réunion, le Yémen avait appelé les donateurs à lui accorder une aide de près de 12 milliards de dollars pour l'aider à traverser une périlleuse transition.

"Le gouvernement d'entente nationale a besoin de 11,9 milliards de dollars à court terme, et surtout d'une aide urgente de 4,7 milliards avant février 2013", a affirmé le ministre du Plan Mohammed Saïd al-Asaadi.

Le Yémen, l'un des pays arabes les plus pauvres, est sorti exsangue d'une année de contestation qui a abouti au départ du président Ali Abdallah Saleh et à l'élection en février 2012 de Abd Rabbo Mansour Hadi pour une période transitoire devant s'achever avec la tenue d'élections générales à la mi-2014.

Le Premier ministre yéménite Mohamed Basindawa avait indiqué dans des déclarations à l'agence officielle yéménite Saba qu'une amélioration de la situation économique était indispensable pour "traverser avec succès la période transitoire" de deux ans et "empêcher le pays de replonger dans le chaos et la violence".

Il a souligné lors de la conférence des donateurs que son gouvernement avait "franchi une étape importante dans l'application de l'accord de transition" et assuré que son gouvernement s'engageait à "la transparence dans l'utilisation des fonds".

Le ministre saoudien des Finances Ibrahim al-Assaf a pour sa part appelé les donateurs à "de nouvelles contributions en faveur du Yémen", soulignant l'ampleur des problèmes économiques de son pays.

Wael Zakout, directeur pour le Yémen à la Banque mondiale, avait souligné dimanche dans un document publié sur le site de l'institution la situation catastrophique du Yémen, où "plus de la moitié des habitants subsistent avec moins de deux dollars par jour".

"La malnutrition parmi les enfants de moins de cinq ans est de plus de 50%, soit le deuxième taux le plus élevé au monde" alors que le "chômage atteint le taux de 40% parmi les jeunes", a-t-il souligné.

M. Assaf a signé en marge de la réunion avec le ministre yéménite du Plan des accords sur la répartition d'une aide de 3,25 milliards de dollars que l'Arabie saoudite s'était engagée en mai à verser.

En vertu de ces accords, l'Arabie saoudite effectue un dépôt d'un milliard de dollars à la Banque centrale yéménite pour soutenir la monnaie locale, le riyal, accorde un don de 1,75 milliard de dollars pour financer des projets de développement et consacre un demi-million à des crédits pour l'exportation de marchandises saoudiennes.

Réagissant aux promesses d'aides, l'ONG britannique Oxfam a estimé que "cet argent pourrait faire une grande différence dans la vie des Yéménites ordinaires, dont dix millions, soit près de la moitié de la population, n'ont pas assez à manger".

Outre la situation économique, le Yémen est confronté à des défis politiques et de sécurité. L'ancien président Saleh n'a pas renoncé à ses ambitions politiques et a appelé, lors d'un meeting ayant réuni des centaines de ses partisans lundi à Sanaa, le gouvernement de M. Basindawa à "démissionner car il a échoué à maintenir l'ordre et la stabilité".

Le nouveau gouvernement fait également face à la menace d'Al-Qaïda, dont les partisans sont fortement implantés dans le sud et l'est du pays.

La réunion de Ryad -- qui se poursuit mercredi au niveau des ONG-- sera suivie le 27 septembre par la quatrième réunion des "Amis du Yémen" et d'une conférence des donateurs, à New York en marge de l'assemblée générale de l'ONU. aa-at/cco

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