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Le nouveau Premier ministre algérien s'engage à poursuivre les réformes

04/09/2012 08:52 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Le nouveau Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a pris ses fonctions mardi en s'engageant à poursuivre le processus de réformes, avant l'annonce attendue de son gouvernement qui ne devrait pas comprendre d'islamistes.

Nommé lundi par le président Abdelaziz Bouteflika, M. Sellal, 64 ans, succède à Ahmed Ouyahia, en poste depuis 2008.

"Nous avons (...) du pain sur la planche. Notre objectif principal est la poursuite de l'application du programme du président de la République sur le terrain" et des réformes engagées, a-t-il affirmé, selon l'agence APS, évoquant notamment les élections municipales du 29 novembre et la révision de la Constitution.

Selon M. Sellal, ministre des Ressources en eaux dans le gouvernement sortant, il est aussi nécessaire de donner un nouveau souffle à l'économie du pays, qui "recèle de moyens importants pour faire face aux défis imposés par les mutations économiques internationales". Le pays est notamment riche en gaz et en pétrole.

Le gouvernement devrait être annoncé mardi ou mercredi, a-t-il précisé à l'issue de la passation de pouvoirs.

La nomination de M. Sellal, considéré comme un proche de M. Bouteflika, intervient près de quatre mois après les législatives du 10 mai, remportées par le Front de libération nationale (FLN), au pouvoir.

Elle "ne constitue pas une surprise dès lors que c'est une personnalité connue pour sa compétence", a déclaré à l'AFP le porte-parole du FLN Kassa Aïssi.

Pour autant, la large victoire du FLN aux élections plaidait en faveur de la désignation de son secrétaire général Abdelaziz Belkhadem, qui avait déjà dirigé le gouvernement de 2006 à 2008, estiment des responsables politiques.

"La Constitution n'oblige pas le chef de l'Etat à désigner le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire. C'est pour cela que le FLN va travailler à introduire un amendement constitutionnel stipulant que le Premier ministre est désigné au sein de la majorité pour assurer un équilibre des pouvoirs", a ajouté M. Aïssi.

C'est la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de M. Bouteflika en 1999, que la composition du gouvernement n'est pas annoncée en même temps que la nomination du Premier ministre.

Selon les médias, le président devrait congédier les ministres en exercice depuis des années, à l'instar de celui de l'Education Boubekeur Benbouzid en poste depuis 19 ans.

Depuis 2004, le gouvernement était dominé par l'alliance présidentielle comprenant le FLN (208 députés sur les 462 de l'Assemblée nationale), le Rassemblement national démocratique (RND, 68 députés) et le Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste).

Mais le MSP a quitté cette coalition tout en gardant ses quatre ministres dans le gouvernement peu avant les législatives du 10 mai pour former avec deux autres partis islamistes une alliance qui a essuyé un revers, ne remportant que 49 sièges.

Après cette défaite, le MSP a dénoncé une fraude électorale et a renoncé à participer au futur gouvernement.

"On se dirige vers un gouvernement de technocrates. Le parti ne sera pas désavoué si un de ses membres est désigné dans le nouveau gouvernement pour sa compétence et non pour son appartenance partisane", a déclaré à l'AFP un dirigeant du MSP, qui a requis l'anonymat.

"Un membre du parti peut être autorisé à rejoindre le nouveau gouvernement sans pouvoir s'exprimer au nom du MSP", a-t-il précisé.

Pour autant, le chef du MSP a assuré que son parti ne participerait pas au prochain gouvernement "même si le président Bouteflika lui-même proposait un portefeuille ministériel à l'un des militants".

Une source gouvernementale a indiqué à l'AFP que les ministres sortants issus du MSP, Mustapha Benbada (Commerce), Smail Mimoun (Tourisme) et Abdallah Khanafou (pêche), avaient décidé de se plier à la décision de leur parti.

Le quatrième ministre, Amar Ghoul, avait lui déjà été démis de ses fonctions après avoir été élu député.

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