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Le nouveau chef du CICR à Damas, les violences sans répit

04/09/2012 03:57 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

Le nouveau chef de la Croix-Rouge internationale Peter Maurer va tenter d'obtenir mardi à Damas un meilleur accès aux centaines de milliers de personnes touchées par la guerre en Syrie, surtout dans les bastions rebelles soumis à des bombardements incessants de l'armée.

Faute de trouver un consensus sur un règlement du conflit qui perdure, la communauté internationale se concentre sur l'aide humanitaire aux 1,2 million de personnes déplacées en Syrie, vivant dans des bâtiments publics dont des écoles, et aux quelque 221.000 réfugiés dans les pays voisins.

Selon l'ONU, au total 2,5 millions de personnes sont affectées par cette guerre et le flot de personnes fuyant les violences ne cesse d'augmenter.

De plus, les morts dans les combats entre rebelles et soldats ou dans les bombardements aériens et aux obus de chars des forces du régime se comptent par dizaines tous les jours, selon les militants et l'opposition syriens.

Ces dernières semaines ont été les plus meurtrières depuis le début en mars 2011 de la révolte déclenchée par une contestation pacifique qui s'est transformée en rébellion armée face à la répression. Plus de 5.000 personnes ont péri en août et plus de 26.000 en près de 18 mois, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

M. Maurer, arrivé lundi soir à Damas pour sa première visite depuis sa nomination le 1er juillet, doit rencontrer le président Bachar al-Assad, a affirmé à l'AFP une porte-parole du CICR dans la capitale syrienne, Rabab Rifaï sans préciser si l'entretien aurait lieu mardi.

Selon le CICR, il s'entretiendra aussi avec le chef de la diplomatie Walid Mouallem, le ministre de l'Intérieur Mohammad al-Chaar et le ministre de la Santé Saad Abdessalam Nayef.

La visite, jusqu'à jeudi, "portera sur les besoins humanitaires accrus et permettra de rappeler aux belligérants leurs devoirs en vertu de la convention sur la protection des civils", selon Mme Rifaï. M. Maurer pourrait effectuer une "visite sur le terrain", a-t-elle dit sans autres précisions.

"Si le régime pouvait nous priver d'air, il le ferait"

M. Maurer, dans un communiqué lundi, a estimé "de la plus haute importance que nous et le Croissant-Rouge arabe syrien arrivions à renforcer considérablement notre action humanitaire".

Il a précisé qu'il examinerait la possibilité d'effectuer "des visites à un plus grand nombre de personnes détenues en Syrie" et souligné "l'impérieuse nécessité d'aider les civils touchés par les hostilités".

Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, Abdel Basset Sayda, a de nouveau réclamé lundi des armes et une intervention militaire d'urgence pour protéger les civils, en parlant de 30.000 morts dans le conflit et de trois millions de personnes forcées à quitter leurs maisons.

Depuis le début de l'année, le CICR et le Croissant-Rouge syrien ont distribué des secours à plus de 800.000 personnes, pour la plupart déplacées, et assuré l'approvisionnement en eau potable, en quantité suffisante, de plus d'un million de personnes.

Mais depuis la situation a empiré et le nombre de personnes ayant besoin d'aide a augmenté.

Les quartiers rebelles de la ville d'Alep, soumis à des bombardements incessants à l'artillerie et au mortier, connaissent une véritable pénurie de produits alimentaires, selon un militant sur place.

"Le régime empêche les produits alimentaires de parvenir aux quartiers libérés (sous contrôle rebelle, ndlr). Les habitants sont obligés de passer les produits en contrebande", affirme-t-il, joint par l'AFP via Skype.

Il faut se rendre "chez plusieurs épiciers ou supermarchés avant de trouver ce que l'on veut: oeufs, yaourt, riz, lait d'enfant. Ces produits sont quasi inexistants, les marchés sont presque vides", dit-il. "C'est un vrai siège, une punition collective. Si le régime pouvait nous priver d'air, il le ferait".

La veille, le général en charge des opérations de l'armée syrienne dans l'ouest d'Alep a affirmé à l'AFP que les troupes régulières reprendraient "d'ici 10 jours" la ville, théâtre depuis un mois et demi de combats.

Après la prise du quartier stratégique de Salaheddine puis des hauteurs de celui de Seif al-Dawla, des officiers sur place ont affirmé que cela allait leur faciliter la conquête d'Alep.

Ailleurs dans le pays, les bombardements continuaient sur les bastions rebelles et des combats ont éclaté dans le quartier de Tadamoun à Damas, au lendemain d'un attentat dans la banlieue de Jaramana qui a fait neuf morts, dont trois enfants et trois femmes, selon un dernier bilan de l'OSDH.

Lundi, plus de 150 personnes, en majorité des civils, ont péri en Syrie, a précisé l'ONG. Parmi les 30 rebelles tués, 23 l'ont été dans des combats acharnés à Lattaquié (nord-ouest).

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