POLITIQUE

Élections Québec: les chefs votent

04/09/2012 10:07 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST
PC/HuffPostQc

MONTRÉAL - Près de 20 000 bureaux de scrutin ont ouvert leurs portes à 9 h 30, mardi matin, afin d'accueillir les électeurs québécois qui doivent maintenant choisir les 125 députés de l'Assemblée nationale. Les bureaux resteront ouverts jusqu'à 20 h.

En tout, 5 919 778 électeurs sont inscrits sur les listes.

À 17h30, selon le Directeur général des élections du Québec, 52,74 pour cent des électeurs admissibles avaient voté.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a vécu mardi matin le moment pour lequel elle se prépare depuis 30 ans: un scrutin qui pourrait faire d'elle la première femme à être élue chef de gouvernement au Québec.

Elle s'est présentée avec son conjoint, Claude Blanchet, à son bureau de vote situé dans un centre communautaire de Beaupré, à l'est de Québec, dans sa circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré.

Elle a salué des électeurs qui faisaient la queue, dans ce bureau déjà assez achalandé.

Dans un point de presse à la sortie du bureau de vote, elle a déclaré que cela pourrait être une journée historique parce qu'on élirait pour la première fois une femme comme chef de gouvernement au Québec.

«Évidemment, je ne vous cacherai rien en vous disant que c'est ce que je souhaite qu'il arrive en soirée.»

Quand des journalistes lui ont demandé comment on se préparait pour devenir première ministre, elle a répondu: «Cela fait 30 ans que je me prépare».

À L'Assomption, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a déclaré que la journée était déjà historique. Juste avant de faire son entrée dans la petite école primaire où il allait voter, M. Legault a affirmé qu'il était confiant et excité.

«Journée historique: on met de côté les chicanes référendaires et on commence le vrai changement, le ménage et la relance du Québec», a-t-il dit.

Le chef de la CAQ se présente dans la circonscription de L'Assomption, ancien fief de Jacques Parizeau, qui, depuis un redécoupage de la carte électorale, englobe maintenant des municipalités de l'ancienne circonscription de Rousseau, où M. Legault avait été député du Parti québécois de 1998 à 2009.

Au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale, il y a 34 jours, L'Assomption était représentée par le péquiste Scott MacKay, qui a choisi de briguer les suffrages dans Repentigny. M. MacKay avait remporté l'élection en 2008 avec une avance de 4090 voix sur son adversaire libéral, ce qui lui avait permis d'arracher la circonscription à l'Action démocratique du Québec, maintenant fusionnée à la CAQ.

M. Legault affronte la péquiste Lizabel Nitoi, une enseignante qui est aussi trésorière de l'exécutif national du PQ, et la libérale Lise Hébert, une conseillère en vente.

Le chef du Parti libéral, Jean Charest, s'est rendu voter peu avant 15 heures dans une école primaire de Sherbrooke, au coeur de sa circonscription du même nom, où une douzaine de manifestants portant le carré rouge l'attendaient pour lui crier des slogans.

Auparavant, le chef libéral a passé une bonne partie de la journée à visiter des locaux électoraux dans certaines circonscriptions choisies de Laval, Montréal, de la Rive-Sud et de Sherbrooke. À chaque endroit, il a convié les militants à demeurer en alerte et de s'assurer de faire sortir le vote.

Après avoir exercé son devoir de citoyen, M. Charest a invité les Québécois à se rendre voter en grand nombre.

«Peu importe l'allégeance politique, peu importe l'âge, peu importe l'endroit où vous habitez, c'est très important d'aller voter aujourd'hui. En même temps, c'est l'occasion de rappeler à tout le monde que chacun a le droit de vote, incluant ceux qui parlent fort», a dit le chef libéral, la voix éteinte à cause d'un coup de froid et étouffée par le hurlement des manifestants.

M. Charest n'a jamais évoqué un autre scénario que celui de la victoire au cours de cette campagne électorale, malgré les sondages défavorables, l'usure du pouvoir et les affaires de corruption qui ont plombé son gouvernement ces dernières années.

M. Charest veut réaliser un exploit inédit dans le Québec moderne: mener au pouvoir son parti pour une quatrième fois d'affilée. Le dernier politicien à avoir atteint cette marque est Maurice Duplessis, élu successivement en 1944, 1948, 1952 et 1956.

Néanmoins, même les stratèges libéraux les plus optimistes convenaient que l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire était hors de portée. Mais ils espéraient une victoire minoritaire à la faveur de la division du vote et du suffrage des indécis.

Vote par anticipation record

Près d'un million de personnes n'ont pas attendu la fin de cette intense campagne de 35 jours pour se prévaloir de leur droit de vote par anticipation.

À ce chapitre, un record datant de 2008 a d'ailleurs été fracassé: selon le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), 15,57 pour cent de l’électorat, soit 919 120 personnes, ont voté par anticipation. En ajoutant à ces données le nombre d'électeurs ayant voté hors circonscription, 980 498 personnes (16,6 pour cent) ont exercé leur droit de vote entre les 24 et 30 août.

Même si un record avait été battu en 2008, le taux de participation global avait été anémique, atteignant 57,43 pour cent, du jamais vu.

Le porte-parole du DGEQ, Denis Dion, estime toutefois que certains signes portent à croire que les gens seront plus nombreux à voter lors de ces élections générales. Les jeunes, notamment, ont lancé un important appel à la mobilisation, rappelle-t-il.

Les électeurs doivent se présenter à leur bureau de vote munis d'une pièce d'identité avec photo — la carte d'assurance-maladie, le permis de conduire ou le passeport fera l'affaire, indique M. Dion.

Les résultats ne devraient pas trop tarder à se faire connaître. Le vote par anticipation n'est plus dépouillé en fin de soirée, et dans certains bureaux de vote, le dépouillement peut même s'amorcer à 18 h plutôt qu'à 20 h.

Selon les sondages d'opinion et les projections, cinq partis politiques pourraient faire élire au moins un candidat. Pareil phénomène n'est survenu qu'une seule fois au Québec depuis 1867. En 1976, le Parti québécois, le Parti libéral, l'Union nationale, le Ralliement des créditistes et le Parti national populaire avaient envoyé au moins un des leurs à l'Assemblée nationale.

Cela n'avait pas vraiment porté chance aux trois derniers. Le caucus de l'UN a été réduit à peau de chagrin — même son chef, Rodrigue Biron, s'était rallié au Parti québécois après le référendum de mai 1980. Le créditiste Camil Samson fit défection chez les libéraux, tandis que le national-populaire Fabien Roy alla tenter sa chance sur la scène fédérale, en devenant chef du Crédit social.

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