REPENTIGNY, Qc - Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a enjoint ses militants à continuer le travail pour faire progresser leur nouveau parti politique, malgré la déception de ne pas avoir récolté plus de sièges à leur première élection.

Prenant acte du résultat dans un discours à plus de 200 militants réunis dans un centre communautaire, M. Legault a affirmé que cela constituait une leçon d'humilité et une invitation à affiner son message et ses politiques.

«Malgré votre déception qui est légitime je vous demande de ne pas lâcher, a-t-il dit. Moi en tout cas je ne lâcherai pas.»

La CAQ a réussi à faire élire 19 députés, dont son candidat vedette dans Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau.

Dans la circonscription de L'Assomption, la péquiste Lizabel Nitoi a donné du fil à retordre à M. Legault, qui l'a finalement emporté en toute fin de soirée par plus de 1000 voix de majorité.

Trois autres candidats vedettes ont mordu la poussière, le médecin Gaétan Barrette dans Terrebonne, et les ingénieures Dominique Anglade et Maud Cohen, respectivement dans Fabre et Laval-des-Rapides.

À la dissolution de l'Assemblée nationale il y a 34 jours, au moment du déclenchement de la campagne électorale, la CAQ comptait neuf députés.

M. Legault s'est encouragé de constater qu'avec les députés qu'il a fait élire, son parti bénéficiera désormais du statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale, ce qui offre davantage de moyens et de temps de parole.

Le chef caquiste a enjoint ses militants à poursuivre le travail, soulignant les progrès accomplis depuis la fondation du nouveau parti l'automne dernier.

«Je voyais certaines mines qui étaient moins joyeuses que d'habitude ce soir, a-t-il dit. On peut être fiers de tout le chemin qu'on a parcouru depuis un an.»

M. Legault a affirmé qu'il faut accepter les règles du jeu de la démocratie, même si la CAQ, avec un nombre de suffrages exprimés près de celui de ses adversaires, a récolté beaucoup moins de sièges qu'eux.

«Ça peut sembler injuste le nombre de sièges qu'on a, a-t-il dit. C'est arrivé souvent dans l'histoire du Québec et il faut jouer avec les règles du jeu.»

Selon M. Legault, son parti est en position d'exercer sa responsabilité de surveiller le gouvernement minoritaire du Parti québécois.

Affirmant que son parti a réussi à incarner le désir de changement des électeurs, le chef de la CAQ a cependant invité ses militants à analyser les raisons de leur performance.

«Les Québécois nous ont donné ce soir de nombreux signes d'encouragement mais aussi une leçon d'humilité, a-t-il dit. Il faudra à l'avenir être encore davantage à leur écoute, présenter, défendre nos idées d'une manière encore plus claire, plus convaincante.»

L'annonce que le prochain gouvernement sera péquiste a causé un certain froid dans la salle où les militants suivaient le dépouillement du vote sur deux écrans géants. Ils se sont toutefois réjouis en voyant que les péquistes seront en position minoritaire à l'Assemblée nationale.

Les militants ont aussi applaudi à la défaite du chef libéral Jean Charest, qui a été battu dans sa circonscription de Sherbrooke.

Durant la soirée la militante caquiste Justine Dion a exprimé sa déception de constater que la CAQ traînait en troisième position derrière péquiste et libéraux, à l'échelle nationale.

«Le CAQ a de moins bons résultats que ce à quoi je m'attendais, a-t-elle dit. (...) Il y avait beaucoup d'indécis et je crois qu'il y a une partie de l'électorat qui a peur du changement. Donc à mon avis, on y va dans ce cas-là avec les deux vieux partis.»

M. Barrette, défait dans Terrebonne, a rapidement réagi sur son compte Twitter: «Merci à tous! Pour la twittosphère: the president has left the building... Et ne reviendra pas», a-t-il écrit.

Dans Sanguinet, l'ex-député péquiste François Rebello a échoué dans sa tentative de se faire élire sous la bannière de la CAQ.

M. Legault a voté en matinée puis il est ensuite allé dîner en compagnie de candidats dans un restaurant de la municipalité de L'Assomption.

Juste avant de déposer son bulletin de vote, le chef caquiste a affirmé que la journée était historique.

M. Legault comptait sur l'appui de la population pour mettre en branle son grand ménage: lutter contre la corruption, supprimer des postes chez Hydro-Québec ainsi que dans la fonction publique, et abolir les commissions scolaires.

Selon les derniers sondages, la CAQ était en avance dans la région de Québec, un terreau fertile pour l'Action démocratique du Québec (ADQ), maintenant intégrée au nouveau parti, dont c'est la première élection générale.

La campagne de M. Legault s'est particulièrement articulée autour des anciennes circonscriptions où des députés adéquistes avaient été élus, en 2007, dans l'espoir de les voir rebasculer dans le giron de son nouveau parti.


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  • Jean Charest prononce un discours après sa défaite dans Sherbrooke

  • Jean Charest après sa défaite dans Sherbrooke

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  • Rassemblement du PQ au Métropolis

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  • Pauline Marois lors de la soirée d'élections

  • Pauline Marois lors de la soirée d'élections

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  • Léo Bureau-Blouin, plus jeune député à l'Assemblée nationale

  • Au Métropolis, lors du rassemblement du Parti québécois

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  • Au Théâtre Aux Écuries

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  • Françoise David à l'Olympia, rassemblement de Québec solidaire

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  • Jean-Martin Aussant n'a pas été réélu dans Nicolet-Bécancour

  • Le chanteur Dan Bigras au rassemblement de Québec solidaire

  • François Legault lors de la soirée d'élections

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  • Rassemblement de la CAQ

  • Rassemblement du Parti libéral

  • Une scène poignante alors qu'une militante apprend que Jean Charest n'a pas été réélu


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  • 7 novembre 1998

    François Legault a été nommé ministre de l'Industrie et du Commerce par Lucien Bouchard, mais devait d'abord être élu. On le voit ici lors d'un rassemblement à Saint-Roch-de-l'Achigan avec sa femme. (PC/Paul Chiasson)

  • 23 février 2000

    Au Sommet du Québec et de la jeunesse, avec son premier ministre Lucien Bouchard et Jean Charest, alors chef de l'opposition. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 13 novembre 2001

    François Legault, alors ministre de l'Éducation et de l'Emploi, félicite deux nouveaux venus au cabinet des ministres, Rita Dionne-Marsolais et Richard Legendre. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 12 janvier 2009

    La chef de l'opposition Pauline Marois en compagnie de François Legault, alors critique péquiste en matière de Finances. (PC/Jacques Boissinot)

  • 25 juin 2009

    François Legault quitte l'Assemblée nationale après avoir annoncé son retrait de la vie politique. (PC/ Jacques Boissinot)

  • 21 février 2011

    L'ancien ministre François Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois annoncent la création de la Coalition pour l'avenir du Québec, qui deviendra par la suite un parti. (PC/Jacques Boissinot)

  • 14 novembre 2011

    François Legault dévoile les couleurs de son nouveau parti, la Coalition avenir Québec. (PC/Jacques Boissinot)