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Canada: Le Québec a voté, succès indépendantiste attendu

04/09/2012 08:23 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Les Québécois ont voté mardi pour élire leurs 125 députés provinciaux, animés par un désir d'alternance qui devrait se traduire par le retour au pouvoir des indépendantistes dans la province francophone.

Les bureaux de vote ont fermé à 20h00 locales (00h00 GMT mercredi) au bout d'une journée électorale sans incident.

Les résultats devaient être connus seulement en fin de soirée, compte tenu d'écarts très réduits entre les trois principaux partis en lice dans une quarantaine de circonscriptions.

La participation s'annonçait nettement plus importante qu'en décembre 2008, atteignant 52,7% à 17h30, contre 41,5% quatre ans plus tôt.

Les commentaires recueillis au hasard parmi les électeurs semblaient confirmer que beaucoup souhaitaient surtout le départ des libéraux du Premier ministre Jean Charest, au pouvoir depuis 2003.

Logiquement, ce sentiment devait profiter au Parti Québécois (PQ, indépendantiste) de Pauline Marois et à la Coalition Avenir Québec (CAQ, centre-droit) de François Legault.

"J'espère qu'on va se débarrasser de l'ancien gouvernement, il est plus que temps de le faire", déclare en chemisette Daniel Peterkin, devant un bureau de vote du centre de Montréal.

"Je n'ai pas voté pour le PQ , mais j'espère quand même que ce ne sera pas Charest, c'est surtout ça", renchérit Héloïse Hébert Imbeault, étudiante âgée d'une vingtaine d'années, devant un autre bureau de vote.

Une quadragénaire venue avec une pancarte appelant à "voter avec le coeur" rêve d'un Québec indépendant, "un petit pays plus facile à gérer" et plus apte à garder ses ressources naturelles.

Derrière elle, Thérèse Boily, une grand-mère d'origine française, est sceptique. "Indépendance ? Plus ou moins, je ne suis pas tellement pour ça. Habituellement, on change pour pire".

Près de six millions d'électeurs - dont un million avaient voté par anticipation - étaient appelés à se prononcer lors d'un scrutin uninominal à un tour.

Première femme à la tête de la province?

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Si la victoire du PQ apparaissait très probable à la lumière des sondages - les indépendantistes étaient d'ailleurs le seul parti à avoir organisé une fête à Montréal mardi soir - il n'était pas certain que ce parti dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale.

Ainsi, il pourrait être amené à former un gouvernement minoritaire. Ce qui constituerait de toute manière un événement "historique", Mme Marois devenant la première femme à la tête de la province dans l'histoire du Québec.

L'incertitude demeurait aussi sur le parti qui allait arriver deuxième et former l'opposition officielle.

La campagne électorale a porté sur les grands enjeux de la vie de la province, en premier lieu l'économie et l'emploi, les services de santé et la nécessité de combattre la corruption, cheval de bataille de la CAQ, dont le gouvernement libéral sortant est soupçonné, sans que cela ait jamais été prouvé devant les tribunaux.

Elle a été marquée aussi par la résurgence du débat sur l'indépendance du Québec. Celle-ci est un élément essentiel de l'identité du Parti Québécois de Pauline Marois, qui se garde toutefois d'annoncer la tenue d'un troisième référendum, après les échecs précédents de 1980 et 1995.

Enfin, le conflit étudiant sur la hausse des frais de scolarité décidée par les libéraux a cristallisé l'opposition entre le PQ, qui avait pris fait et cause pour les jeunes - et compte en retirer un bénéfice électoral - et les libéraux, favorables à la hausse et flétrissant l'appui des indépendantistes aux étudiants en grève, au nom du droit d'accès à l'éducation.

via/sab/lor

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