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Algérie: un an de prison requis contre un militant des droits de l'Homme (avocat)

04/09/2012 10:14 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Le tribunal de Ksar El Boukhari (sud-ouest d'Alger) a requis mardi un an d'emprisonnement à l'encontre du militant des droits de l'Homme Abdelkader Kherba jugé pour "outrage à un représentant de l'autorité", a-t-on appris appris auprès de la défense.

M. Kherba, membre de la Ligue algérienne pour la Défense des droits de l'homme (LADDH), avait été arrêté le 21 août lors d'une manifestation contre les coupures d'eau dans sa ville proche de Médéa (100 km au sud d'Alger).

Il s'apprêtait à filmer la manifestation quand un policier l'en a empêché par la force, les deux hommes avaient alors échangé des invectives. Mais selon ses avocats, sa comparution mardi "n'a rien à voir avec cette manifestation".

"Un agent d'accueil a déposé plainte contre Kherba pour insultes après qu'il lui a interdit le 3 juin de rencontrer le secrétaire général de la daïra (sous-préfecture) sans rendez-vous", selon le procès-verbal d'audition cité par la défense.

L'audience a été suspendue quelques minutes après son ouverture suite à un malaise de l'accusé, en grève de la faim depuis son arrestation, a indiqué à l'AFP l'un de ses avocats Amine Sidhoum.

"C'est une mascarade, ce n'est pas un procès. On avait l'impression que le président d'audience était l'avocat de la victime. Il a orienté les questions, ce n'était un procès équitable", a estimé la secrétaire générale de la LADDH Djabria Naïli.

Me Sidhoum a précisé qu'il "n'y avait aucun élément palpable selon lequel Kherba était présent sur les lieux de l'infraction".

La défense a fait venir à la barre quatre témoins qui ont assuré que M. Kherba se trouvait à Alger le jour où se sont produits les faits qui lui sont reprochés.

Environ 80 personnes étaient présentes dans la salle parmi lesquelles la mère, la soeur et les deux frères de l'accusé ainsi que des membres de la LADDH.

"Je suis fière de mon fils, il n'a rien fait dont je puisse avoir honte. Je suis inquiète, il est malade", a déclaré la mère de l'accusé Barkahoum Kherba.

Le verdict est attendu le 11 septembre. M. Kherba risque de deux mois à deux ans de prison et une amende de 10.000 euros.

Il a déjà été condamné en mai à Alger à un an de prison avec sursis et 200 euros d'amende pour "incitation à attroupement et usurpation d'identité".

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