NOUVELLES

Un chef de l'ex-rébellion burundaise des FNL dit reprendre les armes

03/09/2012 10:41 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

Un chef historique de l'ex-rébellion burundaise des Forces nationales de libération (FNL) a annoncé avoir officiellement repris les armes contre le gouvernement du Burundi, dans une déclaration parvenue lundi à l'AFP à Bujumbura.

"Nous avons décidé de combattre militairement le gouvernement au sein de l'organisation dénommée FNL-Ubugabo burihabwa" (la dignité s'arrache), selon une déclaration de son "chef d'état-major général", le général Aloys Nzabampema.

Celui-ci a revendiqué l'attaque dimanche soir d'une position militaire en périphérie de Bujumbura et des tirs de roquettes en direction de l'aéroport. Le porte-parole de l'armée burundaise, le colonel Gaspard Baratuza, a lui évoqué une attaque "loin de l'aéroport" d'un "groupe de bandits" rapidement repoussés.

Avec "de 300 à 500 combattants qui ont repris le maquis", cette rébellion "a une véritable capacité de nuisance", a expliqué un diplomate à l'AFP, "ils ne sont pas aujourd'hui en mesure d'inquiéter sérieusement le pouvoir de Bujumbura, mais peuvent le déstabiliser".

Les FNL qui fut la dernière rébellion active au Burundi avait officiellement renoncé à "la lutte armée" en avril 2009, après un cessez-le-feu signé en 2006 qui avait mis fin à treize ans de guerre civile entre rébellions hutues et armée alors dominée par la minorité tutsie, ayant fait 300.000 morts.

Mais dès 2010, Agathon Rwasa, chef historique des FNL, devenu parti, avait retiré sa formation du processus électoral et repris le maquis, suivi de peu par le général Nzabampema.

Ce dernier, qui semble avoir évincé M. Rwasa, a justifié lundi la reprise des hostilités par "une politique d'extermination des membres des FNL" qu'il attribue au régime burundais du CNDD-FDD, autre ex-rébellion hutue, au pouvoir depuis 2005.

Des défenseurs des droits de l'Homme et le Conseil de sécurité de l'ONU ont dénoncé de nombreuses "exécutions extrajudiciaires" depuis 2010. Plusieurs militants des FNL ont notamment été assassinés depuis deux ans. Ces violences politiques au Burundi font craindre la reprise des hostilités à grande échelle.

esd-ayv/bb/jb

PLUS:afp