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Un bombardement de l'armée syrienne fait au moins 19 morts dans le nord du pays

03/09/2012 07:58 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - L'aviation syrienne a bombardé une ville du nord du pays lundi, tuant au moins 19 personnes, selon des militants de l'opposition, qui rapportent plus de 100 morts à travers le pays au cours de la journée.

Le régime syrien a affirmé lundi qu'il n'y aurait aucun dialogue avec l'opposition tant que l'armée n'aurait pas écrasé les rebelles, signe que le président Bachar el-Assad est déterminé à résoudre la crise sur le champ de bataille plutôt qu'à la table des négociations.

«Il n'y aura aucun dialogue avec l'opposition avant que l'armée syrienne ait imposé la sécurité et la stabilité dans toutes les régions du pays», a déclaré le ministre syrien de l'Information, Omran al-Zoebi, lors d'une conférence de presse à Damas.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination (CLC), deux organisations de l'opposition syrienne, des bombardements ont visé lundi une zone résidentielle d'Al-Bab, à une trentaine de kilomètres de la frontière turque. D'après l'OSDH, 19 personnes ont été tuées, tandis que les CLC rapportent 25 morts. Ces bilans n'ont pas pu être confirmés de source indépendante en raison des restrictions imposées aux journalistes par les autorités syriennes.

Les violences se sont intensifiées ces dernières semaines en Syrie. D'après l'opposition, le mois d'août 2012 a été le plus meurtrier depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad, avec quelque 5000 morts. Selon les militants de l'opposition, au moins 23 000 personnes ont été tuées depuis mars 2011 en Syrie.

Des responsables syriens ont annoncé qu'une bombe cachée dans un taxi avait explosé lundi dans le quartier Jaramana de Damas, faisant cinq morts et 23 blessés. Ces responsables ont réclamé l'anonymat parce qu'il n'étaient pas autorisés à s'adresser aux médias.

Des opposants ont par ailleurs rapporté des violences dans plusieurs régions du pays lundi, notamment en banlieue de la capitale, ainsi que dans les régions de Deir El-Zour, Daraa, Idlib et Alep.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme et les Comités locaux de coordination, au moins 100 personnes ont été tuées au cours de la journée.

Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, qui a remplacé Kofi Annan comme émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, a déclaré lundi que M. Annan avait fait «tout son possible» pour résoudre la crise.

«Nous en avons discuté à plusieurs reprises et il n'y a rien que j'aurais fait différemment de lui», a dit M. Brahimi lors d'une entrevue à la BBC. «C'est clairement une mission très, très difficile.»

Il a dit «craindre le poids de la responsabilité» qui lui incombe et avoir l'impression de se trouver «devant un mur de briques». «Nous allons tenter de voir si nous pouvons contourner ce mur», a-t-il expliqué.

À Damas, le ministre de l'Information a promis que la Syrie fournirait «toute l'assistance possible» au nouvel émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe. «Nous allons lui donner toute l'assistance requise, comme nous l'avons fait avec Kofi Annan», a déclaré Omran al-Zoebi devant les journalistes.

Le régime de Bachar el-Assad avait fait des déclarations similaires en signant le plan de paix proposé par M. Annan, avant de l'ignorer et de transgresser ses engagements, notamment celui de retirer ses troupes et ses chars des zones résidentielles.

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