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03/09/2012 10:40 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

Paralympiques/Dopage - Les mêmes règles qu'aux JO mais moins de contrôles

Que l'on soit un sportif valide ou handicapé, les règles antidopage sont les mêmes, mais les contrôles sont proportionnellement moins nombreux aux jeux Paralympiques qu'aux JO, même si les organisateurs assurent qu'ils restent dissuasifs.

Si aucun sportif handisport n'a encore été contrôlé positif, au moins deux ont été suspendus quelques jours avant le début des compétitions: un athlète américain et un nageur français, preuve que pas plus que le sport traditionnel, le handisport n'est épargné par le dopage.

Au total, 207 tests ont été menés pendant les trois premiers jours de compétition, sans aucun contrôle positif, selon le Comité international paralympique (CIP). Dix sportifs avaient été sanctionnés à Athènes (2004) et trois à Pékin (2008). Chez les valides, une dizaine a été exclue des JO-2012.

"Les contrôles se font de la même façon" que chez les valides, explique Michel Rieu, de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et les produits interdits (diurétiques, anabolisants...) sont les mêmes.

"Simplement, on a plus de cas d'autorisations d'usage à des fins thérapeutiques" (AUT), car les sportifs handicapés sont davantage susceptibles de prendre des médicaments, ajoute Noël Chevaudonnat, responsable antidopage à la Fédération française handisport.

Le CIP va réaliser 1.250 prélèvements, soit 25% de plus qu'à Pékin, où concourraient moins de 4.000 athlètes, contre plus de 4.200 cette année.

Mais contrairement à ce qui passe aux jeux Olympiques, tous les médaillés ne sont pas contrôlés.

"Il y a environ 500 podiums (contre 300 aux JO, NDLR). Il est donc impossible de tester tous les sportifs qui ont gagné une médaille d'or, d'argent ou de bronze", a expliqué Jose Antonio Pascual, responsable de la lutte antidopage du CIP, qui a sanctionné sept sportifs en 2011.

Les instances contrôlent au moins un médaillé par podium et testent au hasard d'autres sportifs en compétition, a-t-il aussi expliqué, assurant que cela dissuadait fortement les violations des règles antidopage.

"Ils savent que s'ils gagnent une médaille, il y a de grandes chances qu'ils soient contrôlés, mais ce n'est pas garanti à 100%", a-t-il poursuivi.

Debbie Jevans, l'un des responsable du comité d'organisation (Locog) affirme que la décision de ne pas contrôler tous les médaillés n'est pas une question d'argent.

Michel Rieu, de l'AFLD, confirme qu'en France, "le nombre de contrôles lui même n'est pas très élevé (en handisport) parce qu'on a un nombre de contrôles limités au laboratoire de Châtenay-Malabry", près de Paris.

"Se focaliser sur le sport handisport, ce n'est peut être pas notre priorité absolue", concède-t-il.

Le faible nombre de tests empêche aussi de connaître précisément l'étendue du dopage dans le handisport, ajoute le spécialiste.

Les instances doivent également affronter une technique spécifique, le "boosting", qui consiste à s'infliger des blessures dans les membres paralysés pour augmenter la pression artérielle et donc ses performances.

Même si très peu d'études scientifiques permettent de savoir si cette méthode est efficace, le CIP a choisi de l'interdire.

Selon une étude du comité de 2009, 17% des sportifs interrogés reconnaissaient l'avoir déjà essayée tandis que certains spécialistes du handisport estiment que jusqu'à 30% usent ou ont usé du "boosting".

Il est en outre très difficile à détecter. Même si l'on constate une pression artérielle élevée chez un sportif avant une compétition, rien de prouve que cela est dû au "boosting".

jc/stp/jr

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