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03/09/2012 09:02 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

Pakistan: l'audience de demande de libération de l'adolescente accusée de blasphème une nouvelle fois reportée

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Members of the International Christian Alliance chant slogans in support of a Christian girl who was accused of burning papers containing verses from the Koran, at a protest in Karachi on August 27, 2012. A Pakistani cleric who handed over a young Christian girl to police on blasphemy charges after she burned papers containing Koranic verses said what she did was a 'conspiracy' to insult Muslims. AFP PHOTO/Rizwan TABASSUM (Photo credit should read RIZWAN TABASSUM/AFP/GettyImages)

ISLAMABAD - L'adolescente chrétienne pakistanaise accusée de blasphème va rester en détention au moins jusqu'à vendredi, après un nouveau report de l'audience sur mise en liberté prévue lundi à Islamabad, a annoncé son avocat, Tahir Naveed Chaudhry.

L'audience a été reportée en raison d'une grève du barreau local, a-t-il expliqué. La jeune fille, dont l'âge n'a pas été déterminé avec certitude, est détenue depuis son arrestation le 17 août, après avoir été accusée d'avoir brûlé des pages du Coran.

L'affaire a connu un rebondissement avec l'arrestation, samedi soir, de l'imam d'une mosquée voisine de la maison de la jeune fille, qui est l'un des ses principaux accusateurs.

Dénoncé par un employé de la mosquée, l'imam est soupçonné d'avoir glissé des pages du Coran dans le sac de la jeune fille, qui contenait des cendres et des papiers brûlés, selon l'un des enquêteurs, Munir Jafferi. D'après son dénonciateur, l'imam a affirmé que c'était un moyen de se débarrasser des chrétiens du quartier.

L'imam a clamé son innocence lors de sa comparution devant le tribunal dimanche. «Je n'ai rien fait de mal. C'est de l'invention pure et simple», a-t-il affirmé.

L'imam pourrait à présent être lui-même poursuivi. Il encourt la prison à vie s'il est reconnu coupable d'avoir profané le Coran. Les enquêteurs envisagent par ailleurs de demander des poursuites pour fausses accusations et fabrication de preuves.

Des informations contradictoires ont circulé sur l'âge et l'état mental de la jeune fille. D'après sa famille et des militants des droits de la personne, elle est âgée de 11 ans, tandis que certains de ses défenseurs affirment qu'elle est trisomique. Des médecins qui l'ont examinée ont déclaré qu'elle avait environ 14 ans et qu'elle présentait un retard mental.