NOUVELLES

Le président mexicain Felipe Calderon vante son bilan économique

03/09/2012 07:00 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

MEXICO - Le président mexicain Felipe Calderon, qui s'apprête à céder les commandes au président élu Enrique Peña Nieto, a déclaré lundi qu'il laissait à son pays une économie plus solide, mais les observateurs s'entendent pour dire que le bilan de sa présidence est pour le moins mitigé.

M. Calderon a livré son dernier discours à la nation lundi, en se présentant comme le président qui a stabilisé l'économie et s'est attaqué au crime organisé pour mettre le Mexique sur la voie de la primauté du droit.

«C'est le travail de notre génération d'assumer les coûts et les risques des changements nécessaires dans la politique et la sécurité», a déclaré Felipe Calderon lors de son discours au palais national de Mexico. «La réforme a commencé à porter fruit, mais les véritables résultats ne se verront que dans l'avenir.»

M. Calderon a affirmé avoir protégé l'économie mexicaine contre les risques externes, avec une réserve de change de 159,8 milliards $ US en date du 17 août. Il a aussi souligné que son gouvernement avait supervisé la création de 1,9 million d'emplois malgré la crise économique mondiale.

Mais le bilan de la présidence de Felipe Calderon est mitigé, soulignent les analystes. Lors de l'élection présidentielle du 1er juillet, les électeurs ont rejeté son parti et ont reporté au pouvoir le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a dirigé le Mexique pendant 70 ans, jusqu'en 2000.

Le présidence de M. Calderon a notamment été marquée par la guerre contre les cartels de la drogue, qui a fait plus de 47 000 morts depuis le début de son mandat, en décembre 2006. Mais personne ne sait si les violences se sont apaisées au cours des derniers mois parce que le gouvernement mexicain a cessé de diffuser des statistiques officielles à ce sujet depuis un an.

La vente de véhicules personnels blindés au Mexique a doublé depuis son arrivée en poste. Le nombre de meurtres a explosé et les décapitations sont devenus si fréquentes qu'elles ne font plus la une des journaux.

«Le Mexique est encore loin d'être un État de droit, et la base économique solide n'a pas nécessairement mené à la création d'emplois que les gens souhaitent occuper», analyse Andrew Selee, directeur du Mexico Institute, un groupe de réflexion établi à Washington. «L'économie est bien gérée, mais elle n'est pas dynamique. C'est ça, l'héritage.»

Le président mexicain ne peut être réélu pour un second mandat. Felipe Calderon quittera donc le pouvoir le 1er décembre et cédera sa place à Enrique Peña Nieto, un scénario qui a déjà été considéré comme le pire cauchemar du président sortant.

M. Calderon a déclaré avoir appris à combattre le PRI sur les genoux de son père, l'un des fondateurs du parti Action nationale (PAN) qu'il représente. Il a ouvertement critiqué le PRI avant le scrutin, l'accusant d'avoir supprimé la dissidence lors de ses longues années au pouvoir. D'autres membres du PAN ont accusé le PRI d'avoir conclu un pacte avec les trafiquants de drogue.

Les critiques de M. Calderon contre le PRI ont cessé depuis la confirmation de la victoire de M. Peña Nieto, un changement de ton qui serait attribuable à ses négociations avec la nouvelle administration dans le but de renforcer l'héritage qu'il laisse au pays.

«Il parle d'un changement de paradigme, ce qui est vrai comparativement au paradigme du PRI qui tolérait les criminels, mais son projet de les combattre n'a pas été un succès total et a provoqué un effet négatif dans la société en termes de violence et de terreur dans certaines villes frontalières», estime Raul Benitez, un expert des questions de sécurité à l'université autonome de Mexico.

Dans son discours, M. Calderon a admis que son gouvernement avait fait des erreurs dans sa lutte contre le crime organisé et les trafiquants de drogue, mais il a affirmé que ses efforts avaient permis d'empêcher que les criminels prennent le contrôle du pays. Il a souligné que sous sa gouverne, les forces fédérales avaient arrêté ou tué 22 des 37 trafiquants les plus recherchés du pays.

PLUS:pc