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L'avenir de l'empire économique de Moon dépendra de l'unité familiale

03/09/2012 12:41 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

GAPYEONG, Corée du Sud - Sun Myung Moon, fondateur en 1954 de l'Église de l'Unification, plus souvent appelée la «secte Moon», laisse derrière lui un mouvement célèbre pour ses mariages collectifs mais également un vaste empire économique dont l'avenir dépendra largement de l'unité familiale.

Le révérend Moon, qui s'est éteint lundi à l'âge de 92 ans, et sa femme Hak Ja Han ont 10 fils et filles encore vivants, auxquels leur père a confié la direction des diverses organisations religieuses, caritatives et commerciales ces dernières années, non sans que cela fasse quelques vagues.

En 2011, l'un des fils, connu sous le nom de Preston, aurait poursuivi la mère pour avoir prélevé sans son consentement plus de 22 millions $ US sur le compte d'une société qu'il dirigeait et les avoir versés à sa fondation missionnaire. D'après l'agence de presse officielle sud-coréenne Yonhap, la justice a déclaré qu'il s'agissait d'un prêt, qui a été remboursé. Selon des responsables, Preston a été démis de toutes ses fonctions dans l'église.

Il existe «une forte possibilité que des dissensions internes s'aggravent» au sein de l'organisation après la mort de Moon, estime Kim Heung-soo, professeur d'histoire du christianisme à l'université de Mokwon, dans la ville sud-coréenne de Daejeon (centre).

L'église a développé des dizaines d'entreprises aux États-Unis de même qu'en Corée du Sud et du Nord, dont des hôtels, des journaux — comme le Washington Times, qu'il a fondé en 1982 —, des sociétés de produits de la mer aux États-Unis, une station de ski, des équipes de sport, des écoles, des universités, des hôpitaux en Corée du Sud, et même une coentreprise de construction automobile en Corée du Nord.

Pour Tark Ji-il, professeur de religion à l'université presbytérienne de Busan, l'avenir économique de l'Église de l'Unification s'annonce plus radieux que son avenir religieux, car le mouvement est selon lui davantage une société de personnes aux croyances religieuses similaires qu'une organisation religieuse à proprement parler.

La secte Moon ne fournit pas de détails sur son poids économique, se contentant d'évoquer un empire «de plusieurs milliards de dollars».

Si de nombreux mouvements religieux s'effondrent à la mort de leur fondateur, Tark Ji-il parie sur la survie de l'Église de l'Unification mais souligne que son succès en tant que mouvement religieux dépendra de sa capacité à régler d'éventuels différends familiaux et du charisme des enfants Moon.

La famille a déjà connu des heures difficiles, notamment quand le révérend Moon a passé 13 mois en prison fédérale pour fraude fiscale aux États-Unis au milieu des années 1980, ou avec le suicide d'un des fils dans le Nevada en 1999, ainsi que la mort de deux autres dans des accidents — l'un de train, l'autre de voiture.

La clef de l'avenir religieux de l'organisation se trouve probablement entre les mains du cadet de la famille. Le révérend Hyung-jin Moon, âgé de 33 ans, né aux États-Unis, a été nommé directeur religieux général de l'église en avril 2008.

Surnommé «Sean» du temps de ses études à l'université Harvard, il parle mieux l'anglais que le coréen et semble avoir hérité du charisme de son père, avec une sensibilité américaine. Ses sermons, prononcés en anglais, s'adressent à la future génération d'«unificateurs», le terme que préfèrent les adeptes à celui de «moonistes».

L'un de ses frères aînés, Kook-jin Moon, âgé de 42 ans, également appelé «Justin», dirige le groupe Tongil, bras commercial de l'Église.

En février 2010, Hyung-jin Moon déclarait à l'agence Associated Press que lui et ses frères et soeurs ne se considéraient pas comme les successeurs de leur père, messie autoproclamé, mais «plus comme des apôtres».

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