NOUVELLES

La tâche n'est pas facile pour le PQ dans la région de Québec, reconnaît Marois

03/09/2012 11:35 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - À sa dernière journée de campagne, la chef péquiste Pauline Marois a fait face à des huées.

Elle s'est aventurée, lundi, à la première pelletée de terre du futur amphithéâtre de Québec, peu après Jean Charest, et a dû affronter plusieurs partisans du retour des Nordiques.

Elle a été mal reçue pour une des premières fois de sa campagne à l'activité «J'ai ma pelle», qui regroupait des milliers de personnes dans le stationnement d'un centre commercial de Québec, sous un chaud soleil. Cette fête visait à souligner le début imminent du chantier du futur amphithéâtre de 400 millions, payé à moitié par le gouvernement du Québec.

Après avoir reçu un accueil spontané très chaleureux pendant les premières minutes, elle a continué à serrer des mains et signer des autographes, jusqu'à ce qu'elle arrive devant un groupe plutôt hostile. Plusieurs personnes arborant le chandail des Nordiques se sont mises à la huer et à crier «Canada! Canada!».

Son équipe l'a alors rapidement tirée par la manche pour la ramener à son autocar de campagne. La chef ne semblait pas démontée outre-mesure.

Peu après, le maire de Québec, Régis Labeaume, l'a publiquement remerciée pour son appui au projet. Des huées se sont alors fait entendre de nouveau, mêlées à des applaudissements.

Pas moins de 20 000 personnes étaient attendues à cette activité.

Plus tôt, Mme Marois terminait donc sa campagne à Québec, où elle fait campagne quatre journées au total, avant de se diriger dans Charlevoix, sa circonscription, où elle votera mardi.

Elle a reconnu devant ses militants que la tâche ne sera pas facile pour son parti dans la capitale. Les derniers sondages donnaient le PQ bon troisième, derrière la CAQ et le PLQ, sauf dans Taschereau, détenue par la péquiste Agnès Maltais.

«Il ne s'agit pas de se raconter des histoires entre nous, je sais que c'est un peu plus difficile pour Québec», a-t-elle dit aux quelques dizaines de militants venus la saluer lundi matin dans le secteur Cap-Rouge.

Quant à savoir pourquoi le PQ ne lève pas dans la région, Mme Marois a dit, en conférence de presse, qu'elle n'avait «pas de réponse à donner».

La chef péquiste avait pourtant engagé son parti à appuyer le projet de loi 204, sur l'attribution de la gestion du futur amphithéâtre à Quebecor — un projet populaire à Québec, mais qui a failli faire exploser le PQ en 2011 en raison de la défection de députés qui y étaient notamment opposés.

«Nous avons agi selon nos convictions, c'est un bon projet pour Québec (...), même s'il nous a coûté assez cher», a-t-elle convenu.

Elle soutient que ce n'est pas l'alignement à gauche de son parti qui lui fait mal dans la région de la capitale, reconnue comme un terreau fertile pour la CAQ, et autrefois pour les conservateurs. Et du reste, a-t-elle poursuivi, le NPD, lui aussi progressiste, a pourtant triomphé à Québec aux élections fédérales de 2011.

Selon elle, les citoyens de cette région, comme ceux du reste du Québec, ont des besoins auxquels le programme du PQ répond.

Consciente que les habitants de la région sont particulièrement sensibles au discours sur la dette et le gaspillage gouvernemental, elle a affirmé qu'«on peut être à gauche, mais responsable et rigoureux».

En après-midi, pour sa dernière activité de la campagne, la chef péquiste est allée encourager le candidat Pierre Châteauvert, dans Jean-Lesage, une circonscription où la course à trois est apparemment serrée.

Elle a déambulé dans une des avenues du secteur Limoilou avec une poignée de militants, qui étaient enthousiastes, mais on ne sentait pas la même fébrilité chez les rares passants qu'au cours des derniers jours en Montérégie, dans la couronne nord et en Estrie.

En matinée, toutefois, Mme a eu une belle surprise: sa maman est venue l'appuyer. À sa sortie de son autocar avant la conférence de presse, sa mère, Marie-Paule Gingras, l'a accueillie et elles se sont donné une accolade.

Quand on lui demandé si elle avait confiance en la victoire de sa fille, elle a répondu qu'elle était «très fière» et qu'elle avait «confiance à 100 pour cent».

PLUS:pc