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La secte Moon compte quelques centaines d'adeptes en France

03/09/2012 11:13 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

PARIS - PARIS (Sipa) — L'Eglise de l'Unification, qui vient de perdre son fondateur, le révérend Sun Myung Moon, est peu présente en France, où elle est plus connue sous l'appellation de "secte Moon". Elle n'y compte plus que "200 à 300" adeptes, selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Dans l'Hexagone, l'Eglise de l'Unification est considérée comme un "mouvement à caractère sectaire" "mais qui n'a plus beaucoup de résonance", a expliqué lundi Hervé Machi, le secrétaire général de la Miviludes, joint par téléphone par l'agence de presse Sipa. Aujourd'hui, le mouvement compte "200 à 300" fidèles en France et n'a plus qu'une "activité extrêmement réduite dans des centres dits 'culturels'", notamment l'espace "Culture et paix" dans le XIIIe arrondissement de Paris, qui propose des conférences thématiques et "dépend de l'église mooniste".

Le "gros de l'existence" de Moon en France se situe dans les années 1970-80. Mais depuis la fin des années 90, le mouvement a connu un "très net déclin en France", coïncidant avec la "vigilance accrue des pouvoirs publics", observe Hervé Machi.

L'Eglise de l'unification est citée comme mouvement sectaire dans des rapports parlementaires en 1995 et 1999, rappelle-t-il. Il est fait état de "lavages de cerveaux, d'endoctrinement des jeunes, de captage d'argent" -toutes accusations dont l'organisation se défend. A l'époque, le mouvement était "encore bien implanté", avec "un patrimoine financier très important en France", notamment des châteaux.

Contrairement à d'autres mouvements comme l'Eglise de Scientologie, beaucoup plus présente, Moon "a un peu quitté la France depuis dix ans", constate-t-il, notant l'absence désormais de signalements de présumées victimes directes de l'Eglise de l'unification. Désormais, "il n'y a plus vraiment de présence sur le territoire avec mise sous emprise de personnes". L'Eglise est surtout implantée aux Etats-Unis, au Japon et en Corée du Sud, la patrie de son fondateur, qui s'y est éteint lundi à l'âge de 92 ans.

Pour autant, la Miviludes continue de s'intéresser à Moon et ses différentes émanations, parce que c'est "un grand mouvement, une multinationale puissante", souligne Hervé Machi. "On assure toujours une vigilance sur l'activité internationale de Moon et l'activité du centre culturel à Paris."

Aujourd'hui, Moon constitue en effet "plus un empire international et financier", qui reste influent via ses "ramifications internationales" et notamment ses actions de lobbying, estime Hervé Machi. Son empire économique s'étend à des secteurs aussi divers que la presse, avec le "Washington Times", l'armement, l'agro-alimentaire ou même le football, rappelle-t-il.

Mais l'Association de l'Esprit-Saint pour l'unification du christianisme mondial, comme elle s'appelle aussi, étend également son influence internationale via des structures associatives et caritatives, défendant la paix ou la famille, comme la Fédération des familles pour la paix mondiale ou la Fédération universelle pour la paix, dont certaines ont obtenu un statut consultatif auprès d'instances internationales comme les Nations unies, souligne M. Machi. Des statuts d'ONG (organisations non gouvernementales) qui lui permettent d'intervenir lors de conférences internationales et de s'offrir une "respectabilité".

"Moon avance avec un faux nez", en se cachant derrière "le paravent de la paix" ou de la famille, résume-t-il, y voyant "une autre forme d'escroquerie".

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