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La Grande-Bretagne, "l'un des pires pays pour geler les avoirs égyptiens" (ministre égyptien)

03/09/2012 03:47 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

Le ministre égyptien des Affaires juridiques, Mohamed Mahsoub, accuse la Grande-Bretagne d'être "l'un des pires pays" pour tracer et geler les avoirs du président déchu Hosni Moubarak et de ses proches, dans une émission d'investigation de la BBC diffusée lundi soir.

"La Grande-Bretagne est l'un des pires pays pour tracer et geler les avoirs égyptiens", déclare le ministre, qui reconnaît toutefois des défaillances de son propre pays à mener une enquête adéquate du fait de la présence encore influente de membres de l'ancien régime.

"Le gouvernement britannique est légalement obligé de nous aider mais il ne veut faire aucun effort pour recouvrer les avoirs. Il se contente de dire: +donnez-nous des preuves+", renchérit Assem al-Gohary, à la tête de l'Office égyptien des gains illicites.

Selon l'enquête des journalistes de Newsnight, après la chute de Hosni Moubarak le 11 février 2011, Londres a mis 37 jours pour geler des avoirs égyptiens, un délai ayant pu permettre à certains investissements d'être transférés, alors que la Suisse gelait les avoirs dans la demi-heure suivant la chute du raïs.

"Nous rejetons toute allégation affirmant que la Grande-Bretagne aurait pu agir plus rapidement pour geler les avoirs" égyptiens, a réagi Alistair Burt, le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères.

"Le gouvernement britannique ne peut pas obtenir une ordonnance de gel d'avoirs sur la base de simples soupçons. Une preuve tangible est nécessaire", a ajouté Alistair Burt précisant que "cela prend du temps de s'entendre avec les 27 pays de l'Union européenne, comme cela était nécessaire" pour obtenir ce gel européen.

Au total la Grande-Bretagne a saisi environ 85 millions de livres (107 millions d'euros) de biens appartenant au couple présidentiel, à ses deux fils et à 15 autres membres du régime, révèle encore l'enquête.

Dans le même temps, le montant des avoirs gelés par la Suisse est passé de 270 millions de livres (340 millions d'euros) en février 2011 à 470 millions de livres (562 millions d'euros) aujourd'hui, avec plus de vingt policiers suisses dédiés au gel des avoirs égyptiens.

La Grande-Bretagne est notamment accusée d'avoir laissé perdurer pendant près d'un an une entreprise d'investissements basée à Londres, Medinvest Associates, cofondée par le fils cadet d'Hosni Moubarak, Gamal.

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