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La fin de la campagne électorale est difficile pour les chefs politiques

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ELECTIONS 2012
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MONTRÉAL - La dernière journée de campagne a été plutôt difficile pour les chefs des principaux partis politiques, lundi.

Alors que le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, tentait de conquérir la Couronne nord de Montréal, ses deux principaux rivaux, le libéral Jean Charest et la péquiste Pauline Marois, prenaient un bain de foule lors de la «pelletée de terre symbolique» du futur amphithéâtre de Québec.

La réaction de quelques participants a illustré les difficultés que rencontre le Parti québécois dans la Vieille-Capitale. Après avoir reçu un accueil spontané très chaleureux pendant les premières minutes, Mme Marois a été huée par un groupe plutôt hostile. Plusieurs personnes arborant le chandail des Nordiques se sont mises à la chahuter et à crier «Canada! Canada!».

Son équipe l'a alors rapidement tirée par la manche pour la ramener à son autocar de campagne. La chef ne semblait pas démontée outre mesure.

Plus tôt, la chef péquiste Pauline Marois avait reconnu que la tâche ne sera pas facile pour son parti dans la grande région de Québec.

Les derniers sondages donnaient le PQ bon troisième, derrière la CAQ et le PLQ, sauf dans Taschereau, détenue par la péquiste Agnès Maltais, qui a fermement appuyé le projet d'amphithéâtre à Québec.

«Il ne s'agit pas de se raconter des histoires entre nous: je sais que c'est un peu plus difficile pour Québec», a-t-elle dit aux quelques dizaines de militants venus la saluer lundi matin dans le secteur Cap-Rouge.

Quant à savoir pourquoi le PQ ne lève pas dans la région, Mme Marois a dit qu'elle n'avait «pas de réponse à donner».

Présent lui aussi à «J'ai ma pelle», où il a été plutôt bien accueilli, Jean Charest a essuyé une rebuffade après avoir estimé la veille que l'élection d'un gouvernement péquiste pourrait compromettre le retour des Nordiques dans la capitale.

Rencontré sur place, le comptable Mario Bédard, instigateur du projet «J'ai ma place» — qui vise à financer une partie des coûts d'un nouvel amphithéâtre de 400 millions $ —, a contredit l'analyse controversée de M. Charest.

«Je ne comprends pas ce point-là: le gouvernement a contribué à la construction du building mais le club de hockey, c'est une entreprise privée, c'est Québecor qui va l'acheter, pas le gouvernement», a lâché M. Bédard.

L'argument du chef libéral selon lequel l'agenda référendaire péquiste créerait un climat d'instabilité économique néfaste pour le retour de la LNH à Québec ne tient pas la route, d'après M. Bédard. «C'est un discours pessimiste qui date de 1995.»

Jean Charest a continué de taper sur le clou de la stabilité politique pour détourner une pluralité d'électeurs de voter pour le Parti québécois. Les Québécois ont tout intérêt à élire un gouvernement qui se «tiendra debout» devant l'adversité, a fait valoir M. Charest, accusant sa vis-à-vis péquiste de «plier devant la rue à chaque fois que quelqu'un manifeste».

Les électeurs tentés par la CAQ risquent aussi de déchanter, selon le chef libéral, pour qui la formation de François Legault n'a aucune chance de former le prochain gouvernement.

De son côté, François Legault, voulait terminer sa campagne comme il l'avait entreprise: en parlant de corruption. Mais il a dû rectifier le tir après avoir affirmé dimanche que le fondateur de Québecor, Pierre Péladeau, avait déjà fait faillite.

Dimanche, Québecor Média avait dénoncé un «travestissement» des faits pour des motifs électoraux. Sur son compte Twitter personnel, un vice-président de l'entreprise, Serge Sasseville, s'était dit «choqué» par cette déclaration du chef caquiste.

Lors d'un point de presse, lundi à Mascouche, M. Legault a admis que Pierre Péladeau n'avait pas fait une faillite personnelle. Le chef de la CAQ a expliqué qu'il faisait plutôt référence à deux projets de M. Péladeau, décédé il y a 15 ans, qui ont mal tourné: le lancement de deux quotidiens, l'un à Philadelphie (Philadelphia Journal) et l'autre, de langue anglaise, à Montréal (Montreal Daily News).

Par ailleurs, les coporte-parole de Québec Solidaire ont également fait preuve d'optimisme, à leur mesure, bien sûr. Françoise David et Amir Khadir espèrent que le parti remportera au moins quatre sièges, mardi. Outre Mercier, que détient déjà M. Khadir, QS compte ravir les circonscriptions montréalaises de Gouin, Sainte-Marie—Saint-Jacques et Laurier—Dorion.

L'objectif fondamental du parti reste d'augmenter son nombre total de voix exprimées, a indiqué Mme David.

La candidate, dont la performance au débat des chefs de Radio-Canada a séduit nombre d'électeurs, a poursuivi en affirmant que le message de QS était désormais entendu en dehors de la grande région montréalaise.

L'engouement des Québécois pour la formation politique s'explique aussi par la campagne «positive» qu'a menée QS, a estimé Mme David. Selon elle, les électeurs ont apprécié leur campagne d'idées, et plusieurs lui auraient confié avoir été interpellés par les enjeux mis de l'avant par le parti.

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