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Attentat dans une banlieue pro-régime de Damas, raids meurtriers à Alep

03/09/2012 09:02 EDT | Actualisé 03/11/2012 05:12 EDT

Un attentat meurtrier a frappé lundi une banlieue pro-régime de Damas, déjà visée la semaine dernière par une attaque similaire, tandis que de nombreux civils sont morts dans des raids aériens de l'armée à Alep et dans sa région.

A Jaramana, une banlieue du sud-est principalement chrétienne et druze favorable au régime du président Bachar al-Assad, un attentat à la voiture piégée a fait au moins cinq morts et 27 blessés civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon l'agence officielle syrienne Sana, "une bombe collée à une voiture par un groupe terroriste a explosé dans le quartier al-Wahda dans la ville de Jaramana, blessant des femmes et des enfants". Un photographe de l'AFP a vu des vitrines soufflées et un balcon effondré dans ce quartier commerçant.

Le 28 août, 27 personnes avaient été tuées à Jaramana dans un attentat similaire visant des funérailles de partisans du régime.

"Il y a une augmentation des attentats à la voiture piégée en Syrie", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahman, directeur de l'OSDH, ajoutant que des comités populaires de défense se formaient dans les quartiers pro-Assad.

"Cela veut dire que le régime a vraiment perdu le contrôle, puisqu'il n'a plus les moyens de défendre ses propres partisans", a-t-il ajouté.

A la périphérie de Mazzé, quartier chic dans l'ouest de Damas, les forces du régime ont poursuivi leur campagne de destruction de maisons et de commerces et ont obligé les habitants à repeindre les murs pour effacer les slogans anti-Assad, selon l'OSDH.

Dans le nord du pays, des avions de combat ont frappé à l'aube sur Alep et sur la ville voisine d'al-Bab, base arrière des rebelles menant depuis six semaines une bataille cruciale contre l'armée dans la grande métropole, ont fait plusieurs dizaines de morts.

A al-Bab, l'OSDH a évoqué un bilan d'au moins 18 morts, dix hommes, six femmes et deux enfants qui s'étaient réfugiés dans un immeuble.

"Nous dormions à la maison quand la première bombe a explosé. J'ai couru vers la porte, et c'est là que j'ai été enseveli par la deuxième explosion", a expliqué à l'AFP un homme couvert d'éclat d'obus, rencontré dans un dispensaire près d'Alep.

"Ma mère, mon père, ma grand-mère et ma soeur ont été tués", a-t-il ajouté, les larmes aux yeux. Deux de ses frères étaient allongés à côté de lui, un adolescent et un bébé qui respirait à peine.

A Alep même, une journaliste de l'AFP a vu les corps de dix personnes -- un homme, une femme et huit enfants -- transportés dans un hôpital civil. Ils ont tous été enterrés sans cérémonie en début d'après-midi, avec quatre autres corps d'enfants, dans un cimetière de l'est de la ville. Selon des voisins, il s'agissait d'une famille tuée dans un bombardement lundi à l'aube.

Selon un bilan provisoire de l'OSDH, les violences ont fait lundi au moins 52 morts à travers le pays. Dimanche, le bilan était de 132 tués. D'une manière générale, ces dernières semaines ont été les plus meurtrières en Syrie depuis le début de la révolte en mars 2011, avec 5.000 morts au mois d'août.

Dimanche, les monarchies du Golfe ont de nouveau appelé à un transfert pacifique du pouvoir en Syrie face à l'intransigeance du régime et l'incapacité de la communauté internationale à faire cesser les violences qui ont fait jusqu'à présent plus de 26.000 morts, en majorité des civils.

Le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, attendu "bientôt" à Damas, selon les autorités, a affirmé que sa mission était "presque impossible". Son prédécesseur Kofi Annan avait démissionné le 2 août après l'échec de sa mission, invoquant un manque de soutien des grandes puissances.

M. Brahimi a indiqué sur la BBC, "craindre cette lourde responsabilité". "Les gens disent déjà: +des gens meurent et que faites-vous+?".

Dimanche, un porte-parole de Damas, Jihad Makdissi, a prévenu que le médiateur international devrait "écouter" les responsbales syriens.

Attribuant à la communauté internationale "la responsabilité" de la poursuite des violences, M. Makdissi a aussi accusé "les puissants membres du Conseil de sécurité de l'ONU de vouloir décourager le dialogue" avec l'opposition.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de cette opposition minée par les dissensions, a décidé dimanche de s'élargir à de nouveaux groupes anti Bachar al-Assad et de se réformer, afin de répondre aux appels à l'unité lancés par les Occidentaux et aux critiques internes sur son fonctionnement.

Face à l'urgence humanitaire liée au conflit, le nouveau président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, était en route pour Damas, où il doit rencontrer le président syrien pour discuter de l'aide à la population civile, a annoncé l'organisation à Genève.

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