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02/09/2012 08:07 EDT | Actualisé 02/11/2012 05:12 EDT

Rentrée scolaire pour une Palestinienne, la "plus jeune maire du monde"

Comme beaucoup d'adolescents, Bachaer Othman vient de faire sa rentrée scolaire. Mais cette Palestinienne de 16 ans est la seule à avoir passé ses vacances d'été comme maire d'Allar, une petite localité du nord de la Cisjordanie.

Sur l'une de ses photos de vacances, on la voit assise derrière un grand bureau sous des portraits de Yasser Arafat, du président palestinien Mahmoud Abbas et du Premier ministre Salam Fayyad. Tout sourire, elle signe un document autorisant l'un de ses administrés à étaler le règlement de sa facture d'eau.

"Ce n'était pas pour le prestige mais pour servir la ville", assure cette adolescente voilée devenue maire le 2 juillet pour un mandat de deux mois en remplacement de Soufie Chadid, le véritable élu de cette ville de 8.000 habitants.

L'idée est venue lors du Parlement des jeunes initié par l'organisation "Charek" (Participe), qui milite pour impliquer les jeunes dans la gestion des affaires publiques palestiniennes.

Bachaer Othman reconnaît qu'elle n'avait au début aucune idée de ce que pouvait être le travail de maire et qu'elle a dû apprendre vite.

"J'arrivais au bureau tous les jours à 8 heures et je consultais mes dossiers. Je signais des documents et rencontrais les membres du conseil. Je pouvais aussi me rendre sur le terrain pour résoudre des problèmes urgents", raconte-t-elle.

Mais son travail n'était pas une simple formalité, et elle avait réellement "les pleins pouvoirs", à l'exception de celui de signer des chèques d'un montant supérieur à 300 shekels (75 dollars). "J'étais le maire le plus jeune du monde et c'était véritablement excitant", dit-elle avec fierté.

Après six heures de bureau, l'adolescente rentrait chez elle et se consacrait à des loisirs plus conformes à son âge comme les jeux vidéo.

Outre Soufie Chadid, qui lui a laissé sa charge, les onze conseillers municipaux -- six membres du Fatah de Mahmoud Abbas et cinq appartenant au mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza -- lui ont apporté leur plein soutien.

"Je craignais de voir certains membres du conseil et certains employés se dresser contre moi, mais en fait ils ont été tous coopératifs et m'ont aidée à faire mon travail", assure-t-elle.

Selon M. Chadid, maire d'Allar depuis 12 ans, l'expérience a profité à tous, depuis les jeunes de la ville jusqu'aux membres du conseil municipal, avec l'approbation de la plupart des habitants, même si le choix d'une fille pour le poste a provoqué des réticences.

"L'objectif était d'encourager les jeunes et de leur permettre d'assumer des responsabilités. Nous devons injecter du sang neuf dans toutes les institutions palestiniennes pour qu'elles ne se relâchent pas", explique-t-il.

"C'est une bonne chose qu'une fille de son âge ait servi comme maire. Du moment qu'elle y était prête, elle méritait d'avoir une chance", déclare une habitante, Faïza Abou Saad. "C'est une bonne idée et les jeunes doivent avoir plus d'opportunités", ajoute Fahmi Ammer, un puisatier de la ville.

Pour l'organisation Charek, l'expérience a été un franc succès.

"C'est la première fois qu'un membre de notre organisation a exercé en tant que maire pendant aussi longtemps et avec autant de responsabilité et autant d'autorité", se félicite Wissam Chweike, coordinateur du programme.

Mais pour Bachaer Othman, il est désormais temps de se reprendre son cartable et son uniforme pour retrouver les bancs de l'école. Avec une toute nouvelle ambition: devenir maire à nouveau, cette fois par la voie des urnes.

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