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Les jeux Paralympiques, une seconde vie pour les militaires blessés

02/09/2012 08:31 EDT | Actualisé 02/11/2012 05:12 EDT

A l'instar du Britannique Nick Beighton, en compétition en aviron dimanche aux jeux Paralympiques, les militaires blessés au combat en Afganistan ou en Irak sont nombreux à tenter de décrocher une médaille et à essayer ainsi de se reconstruire après avoir frôlé la mort.

Le capitaine Beighton, aujourd'hui âgé de 30 ans, était en mission de reconnaissance dans la province afghane du Helmand en octobre 2009 quand une bombe artisanale a explosé sur son passage, lui emportant les deux jambes.

Moins de cinq mois après, équipé de deux prothèses, il défilait avec son régiment. C'est au cours de sa rééducation que les médecins lui ont conseillé de se tourner vers l'aviron.

De plus en plus nombreux en raison des conflits en Irak et en Afghanistan, les militaires font d'ailleurs rapidement d'excellentes performances, comme le nageur Bradley Snyder, 28 ans, lieutenant de l'armée américaine, qui a remporté vendredi le 100 m nage libre de sa catégorie.

Un an plus tôt, presque jour pour jour, le 7 septembre 2011, il perdait la vue dans l'explosion d'une bombe artisanale en Afghanistan.

Parmi les quelque 230 athlètes américains, une vingtaine sont des militaires ou ex-militaires, dont beaucoup ont été blessés sur un théâtre d'opérations.

Souvent jeunes, ces hommes "sont tous déjà des gens entraînés, sportifs", explique à l'AFP le lieutenant-colonel Thierry Maloux, chef de la Cellule d'aide aux blessés de l'armée de terre (Cabat) française.

La délégation française n'a pas de militaires blessés en Afghanistan en compétition à Londres, mais l'équipe britannique compte cinq vétérans, souvent venus au handisport grâce à l'aide d'un programme spécial du ministère de la Défense, baptisé "Battle Back".

Donné pour mort en Afghanistan en 2007, après que son véhicule eut été détruit par une mine, le soldat Derek Derenalagi est lui aussi un miraculé.

Un sac mortuaire avait même déjà été préparé à son intention. Il se réveillera finalement après neuf jours de coma, amputé des deux jambes.

"Depuis mon lit d'hôpital, j'ai regardé les jeux Paralympiques de Pékin (en 2008) et je me suis dit +il faut que j'aille aux jeux de 2012, et j'y suis arrivé", déclarait vendredi Derenalagi, 37 ans, acclamé par les 80.000 spectateurs du Stade olympique lors de l'épreuve du lancer de disque.

"Après avoir été blessé au front, et quatre ans de dur travail, c'est vraiment une réussite pour moi d'être ici", ajoutait-il.

Son compatriote Jon-Allan Butterworth, 26 ans, médaillé d'argent en cyclisme samedi, a quant à lui perdu un bras en Irak en 2007. Les vétérans britanniques comptent aussi une femme dans l'équipe de volley assis, Samantha Bowen, 26 ans, la jambe droite paralysée par des éclats d'obus en Irak en 2006.

Les blessés sont "gens qui ont besoin de se dépasser, de dépasser les obstacles physiques et pour beaucoup psychologiques", explique le lieutenant-colonel Maloux. "C'est la redécouverte d'un corps, ils se demandent +Qu'est ce que je peux faire avec une jambe, au lieu de deux+".

"Le sport est la façon pour certains de pouvoir s'accomplir de nouveau, de dépasser les obstacles", poursuit-il, ajoutant qu'il faut parfois les "freiner" tant "ils veulent dépasser leurs limites".

Outre les contingents américains et britanniques, d'autres nations ont en leur sein des militaires blessés, comme par exemple le Népal, avec Bikram Bahadur Rana, 33 ans, grièvement blessé en 2003 par les mines des insurgés maoïstes.

Désormais aveugle, il tentera sa chance le 7 septembre sur 100 m.

jc/alm/jr

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