Un texte de Lili Boisvert

La Coalition avenir Québec (CAQ) reçoit un nouvel appui au sein de la communauté anglophone. Après le soutien éditorial des journaux canadiens The Globe and Mail et National Post, c'est au tour du quotidien montréalais The Gazette de soutenir la CAQ, à défaut de meilleure option, dit le journal.

En quelques paragraphes, samedi, le quotidien montréalais désavoue dans un rare élan le PLQ, vilipende sans surprise le Parti québécois et considère que le parti de François Legault - tout en représentant un risque - est l'option du changement.

Si on ne peut pas les considérer officiellement comme « fédéralistes », les caquistes promettent néanmoins de ne pas tenir de référendum pour une période de dix ans, se réjouit le journal.

Le chef de la CAQ a d'ailleurs dit la semaine dernière qu'il se battrait pour qu'il n'y ait pas de référendum, même s'il est dans l'opposition.

Par ailleurs, le journal considère que le PQ a mené une campagne « ignoble » en promouvant la séparation du Québec du Canada. Il a avancé « des propositions conçues pour séduire les éléments les plus intolérants culturellement et les plus xénophobes de la société québécoise », écrit The Gazette samedi.

Le quotidien décrie aussi sévèrement la proposition d'instaurer une nouvelle loi 101 renforcée et l'éventualité d'un nouveau référendum « débilitant » sous un gouvernement péquiste.

Les libéraux trop fatigués

Après sa charge contre les propositions du PQ, l'éditorial met ses lecteurs en garde contre la tentation de la solution de rechange « rassurante » du Parti libéral.

En plus d'être le seul parti qui s'engage fermement en faveur du fédéralisme, le PLQ a fait un travail très louable sur le plan économique en période de récession et il offre la stabilité, reconnaît le journal. Or, après trois mandats, les libéraux montrent des signes « d'épuisement ». Ils n'ont pas respecté leurs promesses en santé et en éducation, fait valoir le quotidien, et même s'ils avaient raison de vouloir hausser les droits de scolarité, les réélire garantirait la reprise de la contestation étudiante.

Mais surtout, le PLQ a perdu la face sur l'enjeu de la corruption et les Québécois réclament un changement de gouvernement. Le choix du PQ pour incarner ce changement est toutefois inconcevable pour le journal.

La CAQ n'est certainement pas parfaite aux yeux des anglophones, puisqu'il met en question la pérennité des commissions scolaires et qu'il promet une meilleure mise en application de la loi 101.

D'où sa conclusion : « Si les Québécois élisent la Coalition avenir Québec comme prochain gouvernement, ils prendront une chance, mais il semble que ce soit quand même la meilleure chance d'éviter un avenir bien pire que tout ce que le CAQ pourrait causer ».

François Legault a réagi à l'appui du journal en estimant que la CAQ représentait un parti rassembleur pour tous les Québécois, « francophones, anglophones, allophones », en opposition avec le PQ qui « souhaite une chicane avec les anglophones.

Marois peu étonnée de l'appui des fédéralistes à la CAQ

Questionnée à savoir si les éditoriaux du National Post et du Globe and Mail auguraient mal pour les relations entre un possible gouvernement péquiste et le reste du pays, la chef du Parti québécois a affirmé samedi en conférence de presse en Montérégie qu'un « gouvernement Marois sera toujours respectueux de ses voisins, qu'ils soient fédéralistes ou qu'ils aient d'autres points de vue ».

On ne va pas s'excuser d'être ce que l'on est. Et nous allons défendre nos intérêts et faire avancer le Québec.Pauline Marois

Cet appui à la CAQ n'est pas surprenant, selon Mme Marois, puisque le chef de la CAQ, François Legault, est passé de « souverainiste pressé » à « fédéraliste inconditionnel ».

« Jamais Robert Bourassa, jamais Jean Charest ne sont allés jusque-là. C'est le seul parti politique qui s'est mis à genou devant Ottawa avant même d'être élu et en affirmant très clairement qu'il signerait une constitution qu'aucun autre parti n'a voulu signer jusqu'à maintenant », a renchéri Mme Marois, faisant référence à une entrevue que M. Legault a accordée au quotidien montréalais The Gazette.

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