NOUVELLES

Les insurgés syriens concentrent leurs attaques contre l'armée de l'air

01/09/2012 04:34 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Les insurgés syriens ont multiplié samedi leurs attaques contre les forces du régime de Bachar al-Assad, concentrant leurs opérations contre les infrastructures de l'armée de l'air, responsable chaque jour, selon des militants, de dizaines de victimes.

Signe que, près d'un an et demi après le début de la révolte contre le régime, le conflit s'est durci, le mois d'août a été le plus sanglant avec près de 5.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Moscou a d'ailleurs estimé qu'il était "naïf" de penser que le régime allait cesser le feu en premier, après que le patron de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que la "responsabilité principale" de l'arrêt des violences incombait à Damas.

Sur les terrain, les insurgés ont marqué des points en s'emparant vendredi soir du principal bâtiment d'une base aérienne à Boukamal (est), à la frontière irakienne, selon l'OSDH.

Selon des informations qui n'ont pas pu être vérifiées par l'OSDH, les insurgés ont mis la main sur des missiles anti-aériens.

A l'issue de cette opération, au moins 16 soldats ont été capturés, selon l'ONG. Toujours à Boukamal, les rebelles ont attaqué le bâtiment de la sécurité militaire ainsi que l'aéroport militaire de Hamdane.

Les rebelles, qui tiennent déjà le poste-frontière et plusieurs quartiers de Boukamal, tentent de prendre le contrôle total de cette ville.

A Idleb (nord-ouest), les insurgés tiennent une partie de l'aéroport d'Abou el-Zouhour, l'une des deux plus importantes bases aériennes de la province.

Dans la même région, où plusieurs localités étaient bombardées samedi, ils ont détruit un barrage de l'armée à Harem. Six rebelles et huit soldats ont péri dans les combats.

Lors de l'attaque d'un autre barrage dans la province de Hama (centre), quatre soldats ont péri, selon l'OSDH.

Alep (nord), où armée et insurgés se livrent une féroce bataille depuis plus d'un mois, connaissait samedi des combats et des bombardements touchant plusieurs quartiers rebelles.

A Damas et sa région, au moins 18 cadavres non identifiés d'hommes sommairement exécutés ont été découverts, selon l'OSDH. Ces découvertes macabres se sont multipliées ces dernières semaines et les exécutions sommaires sont de plus en plus courantes en Syrie, a affirmé cette ONG.

Selon l'agence officielle Sana, les troupes du régime ont détruit de leur côté plusieurs positions de "terroristes" et capturé et tué nombre d'entre eux dans les provinces d'Idleb et d'Alep au cours des dernières 24 heures.

L'agence a par ailleurs fait état de la libération 225 personnes arrêtées à Damas et dans sa région affirmant qu'elles "avaient été impliquées dans les récents événements mais que leurs mains n'avaient pas été souillées de sang".

Trente-sept personnes, dont 12 soldats, ont été tuées samedi dans les violences, a rapporté l'OSDH qui a fait état de 125 morts vendredi, jour traditionnel des manifestations contre le régime.

Des violences auxquelles le nouvel émissaire pour la Syrie Lakhdar Brahimi, qui prend ses fonctions samedi au siège de l'ONU à New York, va tenter de mettre fin, même si l'opposition reste sceptique quant au succès de cette difficile mission.

Lors des manifestations de vendredi, des Syriens avaient raillé le nouveau médiateur, après l'échec de son prédécesseur Kofi Annan. "Lakhdar: mission impossible 2", commentait une pancarte à Idleb.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé les pays arabes et occidentaux qui "disent que le gouvernement doit être le premier à arrêter (le combat) et à retirer toutes ses troupes et ses armes des villes" avant d'"appeler l'opposition à faire de même".

"Cela c'est un schéma totalement irréalisable. Ou bien les gens sont naïfs ou bien il s'agit d'une sorte de provocation", a-t-il estimé.

Aucune issue n'est en vue après plus de 17 mois de violences qui ont fait plus de 26.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Après de vains appels au départ du président Assad, fermement soutenu par Moscou, Pékin et Téhéran, les pays occidentaux se concentrent désormais sur le volet humanitaire.

Le Danemark a annoncé qu'il allait débloquer deux millions d'euros supplémentaires pour aider les réfugiés, au lendemain d'un appel à la mobilisation de la France à "tous les donateurs" pour accroître l'aide à ces Syriens qui ont dû fuir à l'étranger.

Selon l'ONU, il y a au moins 1,2 million de déplacés en Syrie et près de 229.000 réfugiés officiellement enregistrés dans les pays voisins (Turquie, Jordanie, Liban et Irak).

bur-vl/sw/sbh

PLUS:afp