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Le PQ fait peur aux anglos, Pauline Marois tente de les rassurer

01/09/2012 10:56 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU, Qc - Les anglophones ne décolèrent pas devant la perspective de l'élection d'un gouvernement péquiste, mais Pauline Marois a tenté de les rassurer samedi matin.

En visite dans un marché public à Châteauguay, en Montérégie, elle a été interpellée par un représentant d'une commission scolaire anglophone qui lui reproche de vouloir interdire aux francophones de fréquenter les écoles professionnelles et les cégeps anglais.

«On essaie de donner la chance à toute notre communauté francophone ici, si vous gagnez on n'aura pas la chance de servir notre communauté», a déclaré Chuck Halliday, dans le stand de la commission scolaire New Frontier, samedi matin, quand Mme Marois s'est approchée pour lui serrer la main en remarquant tous les ouvrages en anglais sur la table.

«Ah... on trouvera bien des façons de s'entendre», a répondu Mme Marois, courtoisement, mais sur la défensive.

Un gouvernement péquiste s'engage à étendre la portée de la loi 101. Les cégeps et les écoles professionnelles anglophones seraient donc réservés aux anglophones. Pauline Marois soutient qu'il ne faut pas que des fonds du gouvernement du Québec servent à angliciser les Québécois.

En conférence de presse un peu plus tard, elle est restée vague sur les moyens envisagés.

«Je crois qu'il faut aider plutôt les commissions scolaires anglophones ou les services de formation professionnelle anglophones à mieux servir la communauté anglophone, et en ce sens-là, on ne les lâchera pas dans cette perspective», a-t-elle répondu.

Devant les reporters anglophones qui lui demandaient de justifier le durcissement de la loi 101 en arguant que certains de ses propres candidats avaient étudié en anglais sans s'angliciser, elle a répondu que l'attitude avait été la même en 1976 lors de l'élection du Parti québécois, suivie par l'adoption de la loi 101.

«C'était terrible pour notre parti, mais aujourd'hui nous sommes très fiers de cette loi.»

Cette controverse survient au moment où les grands quotidiens du reste du Canada l'attaquent durement. Dans leur édition de samedi, The Globe and Mail suggère aux libéraux et aux caquistes de s'unir pour renverser les péquistes s'ils forment un gouvernement minoritaire, tandis que le National Post demande de voter pour la CAQ, plutôt que les libéraux, pour barrer la route à Pauline Marois.

«Cet appui à la CAQ du Canada anglais n'est pas très surprenant», a-t-elle dit, en regard de la position fédéraliste de François Legault.

Toujours sur le front fédéral-provincial, elle a indiqué que si un gouvernement péquiste est élu, qu'elle continuerait à siéger au Conseil de la fédération, un organe fondé par Jean Charest qui regroupe les provinces. Elle avait pourtant déjà déclaré que ce forum des premiers ministres ne servait pas à grand-chose, mais elle ne veut pas pratiquer la «politique de la chaise vide».

«Je vais être présente au Conseil de la fédération pour me différencier de ceux qui y siègent, pour dire pourquoi nous sommes différents et pourquoi nous voulons tous les pouvoirs pour le Québec, a-t-elle précisé en conférence de presse. C'est un forum qui existe et jamais on ne m'accusera de ne pas être dans les forums où je peux faire valoir le point de vue des Québécois, au risque de parfois être en désaccord avec mes collègues, ce qui sera sûrement le cas.»

Elle pourrait toutefois réviser l'enveloppe budgétaire consacrée au Conseil, a-t-elle ajouté.

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