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01/09/2012 01:06 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

En Syrie, Taftanaz toujours sous la menace des hélicoptères

Des hélicoptères venus d'une base aérienne voisine survolent la zone et ouvrent le feu par intermittence: la menace est permanente sur Taftanaz, en périphérie d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie.

La plupart des habitants ont fui il y a des semaines, mais les bombes continuent de tomber.

Au moins deux maisons ont été touchées samedi matin par des tirs d'artillerie, selon un commandant de la rébellion sur place, Abou Omar, qui ne précise pas s'il y a eu des victimes.

Ces bombardements se sont poursuivis de façon irrégulière le reste de la journée, selon un journaliste de l'AFP. Des hélicoptères de combats MI-17 et MI-24 survolent la localité en permanence, tentant de débusquer les combattants locaux de l'Armée syrienne libre (ALS) dissimulés dans les habitations.

Seuls quelques-uns de ces combattants, en civils pour la plupart, circulent dans les rues, à pied ou à moto, et sans armes pour ne pas attirer l'attention, les yeux levés en permanence vers le ciel pour tenter de repérer la menace.

Les rares habitants qui n'ont pas fui le village restent terrés chez eux par peur des bombardements. Des tirs d'armes lourdes de l'armée syrienne, notamment de batteries anti-aériennes de 14,5 mm, s'abattent également au hasard sur la localité.

Taftanaz est située à environ deux kilomètres d'une importante base aérienne militaire, toujours sous contrôle des forces du président Bachar al-Assad, et d'où décollent sans cesse les hélicoptères qui bombardent la zone.

Mercredi, un groupe rebelle avait attaqué cet aéroport et affirmé avoir détruit plusieurs appareils sans toutefois parvenir à prendre le contrôle du site.

Samedi, au moins une quinzaine de MI-17 et MI-24, redoutables machines de fabrication soviétique, étaient toujours stationnées sur les pistes de l'aéroport, qui restaient entièrement sous le contrôle des forces pro-régime, a constaté le journaliste de l'AFP depuis une position rebelle proche.

"L'attaque de l'aéroport a été un échec, elle n'avait pas été assez préparée", explique à l'AFP Abou Omar, dont les hommes de la brigade al-Haq n'ont pas participé à l'assaut.

"L'opération a été menée par des hommes de la brigade Ahrar al-Sham qui ont débarqué ici à l'aube. Il n'y avait aucune véritable préparation, j'ai refusé d'y prendre part", précise-t-il.

"Peu après les premiers tirs, les avions et les hélicoptères sont venus bombarder, et les assaillants d'Ahrar al-Sham sont partis. Apparemment un seul appareil a été détruit au sol et d'autres ont été légèrement endommagés", ajoute-t-il.

Tenue par les forces du président Assad, la ville d'Idleb compte deux aéroports militaires dans sa périphérie, Taftanaz et Abou al-Zouhour, que des rebelles ont attaqué jeudi. Ils ont affirmé y avoir détruit plusieurs avions de combats, dont un juste après son décollage.

Aux portes d'Idleb, dans une vaste plaine agricole, Taftanaz porte les stigmates des violences des derniers mois: maisons incendiées, façades déchiquetées par les obus ou totalement soufflées par les bombes des hélicoptères...

Selon les habitants, l'armée y a fait une incursion meurtrière en avril, tuant 75 personnes.

Et en plus de leurs habituelles roquettes et mitrailleuses lourdes, les hélicoptères font désormais usage de bombes bourrées de TNT, qui "ont un effet dévastateur" sur les maisons visées, dénonce un rebelle.

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