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Elections en Angola: le MPLA de Dos Santos très largement en tête

01/09/2012 11:27 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

Le MPLA du président du José Eduardo dos Santos, chef de l'Etat depuis bientôt trente-trois ans, est sans surprise arrivé largement en tête des législatives de vendredi en Angola, selon des premiers résultats partiels rendus publics samedi par la commission nationale électorale.

Le MPLA a remporté 74% des suffrages selon ces résultats partiels concernant 68% des votants, contre près de 18% à l'Unita, son rival historique, et 4,6% au nouveau parti d'opposition Casa.

Dans la capitale Luanda, où seulement le tiers des bulletins avait été dépouillés en début de soirée, l'opposition faisait mieux avec 27% pour l'Unita et 12% pour Casa, et tout de même 57% pour le parti dominant.

La commission nationale électorale (CNE) était toutefois encore incapable de donner le taux de participation, qui était un enjeu du scrutin, le deuxième depuis la fin de la guerre civile en 2002 dans ce pays en pleine expansion, mais aux très fortes inégalités sociales.

Le vote s'est déroulé sans incident et la télévision d'Etat diffusait en boucle des images d'électeurs mettant sagement leur bulletin dans l'urne.

"Le vote s'est déroulé de façon ordonnée dans tout le pays", a résumé le Jornal de Angola (gouvernemental), tandis que la situation restait calme samedi.

Les Angolais renouvelaient vendredi les 220 membres de leur Parlement.

Selon la Constitution modifiée en 2010, le chef du parti vainqueur des législatives devient président de la République, et le président Dos Santos devrait en conséquence pouvoir se succéder sans problème à lui-même à la tête du deuxième producteur de pétrole d'Afrique.

José Eduardo dos Santos, 70 ans, a promis de poursuivre la reconstruction d'un pays dévasté par une guerre civile qui a duré de 1975 à 2002.

Il a été largement aidé pendant la campagne par les médias nationaux qui ont vanté ses réalisations, ne laissant que très peu d'espace aux opposants.

Son parti avait remporté 81% des voix en 2008.

Son principal adversaire, le président de l'Unita Isaias Samakuva, 66 ans, a dénoncé pendant toute la campagne le manque de transparence du scrutin --notamment des problèmes d'accréditation des scrutateurs et des listes électorales fantaisistes--, promettant d'instaurer une "vraie démocratie".

Son mouvement, qui n'avait recueilli que 10% des suffrages en 2008, affirme que la manne pétrolière bénéficie exclusivement à une élite, à commencer par la famille Dos Santos.

Il espérait surfer sur le ressentiment de nombreux jeunes Angolais qui voient s'élever des gratte-ciel luxueux à Luanda, alors que 55% de la population du pays vit dans la misère. Des manifestations déclenchées depuis mars 2011 ont été réprimées, mais elles ont clairement ébranlé un gouvernement qui n'avait jamais autorisé aucune forme de protestation depuis que le MPLA est au pouvoir en 1975.

"Le MPLA va être le parti vainqueur des élections, mais il va devoir faire face à une contestation au long des cinq années à venir", prévoit déjà Bango Serra de l'association Justice, Paix et Démocratie, généralement critique du pouvoir.

"Cette contestation va d'abord porter sur les résultats, en raison des doutes sur l'organisation du scrutin, puis sur les politiques sociales menées par le parti" au pouvoir, a-t-il ajouté.

Le président de la Cour constitutionnelle, Rui Ferrera, a dit dans le Jornal de Angola que l'institution était "prête à prendre ses responsabilités" en cas de recours juridiques.

Quant au troisième homme, Abel Chivukuvuku, un ancien cadre de l'Unita de 54 ans qui a créé en mars le parti Casa (Large convergence pour le salut de l'Angola) avec des déçus des deux camps, il n'a, semble-t-il, pas réussi son pari de proposer une alternative crédible.

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