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Des Arméniens en colère contre Budapest brûlent un drapeau hongrois

01/09/2012 09:00 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

Des centaines d'Arméniens ont manifesté samedi devant le consulat de Hongrie à Erevan où ils ont brûlé un drapeau hongrois pour protester contre la décision de Budapest d'extrader en Azerbaïdjan un soldat qui avait tué un Arménien et a été gracié dans son pays.

Des manifestants en colère ont également lancé des oeufs et des tomates contre le bâtiment du consulat, accusant la Hongrie d'avoir conclu avec l'Azerbaïdjan -- voisin et ennemi de l'Arménie -- un accord en vue de profiter des riches ressources énergétiques de Bakou.

"Les Hongrois ont vendu leur honneur et leur conscience aux Azerbaïdjanais telle une prostituée", a déclaré à l'AFP l'un des manifestants, Armen Mkrtchian.

L'Arménie avait annoncé vendredi la suspension de ses relations diplomatiques avec la Hongrie, le président Serge Sarkissian estimant que Budapest avait commis une "grave erreur".

Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est déclaré "très préoccupé" par la décision de l'Azerbaïdjan de gracier ce soldat, selon la Maison Blanche.

Condamné à la perpétuité pour le meurtre d'un officier arménien à Budapest en 2004, Ramil Safarov, 35 ans, a été extradé vendredi dans son pays par les autorités hongroises et gracié aussitôt par le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev.

En 2004, Safarov avait décapité l'officier arménien Gourgen Margarian dans son sommeil, lors d'une formation d'anglais organisée dans une école militaire à Budapest par l'Otan pour des soldats originaires des pays de l'ex-URSS.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent depuis des années le contrôle du Nagorny Karabakh. Rattachée à l'Azerbaïdjan pendant la période soviétique, cette région a proclamé son indépendance, non reconnue par la communauté internationale, après une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.

Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais Bakou et Erevan n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de la région.

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