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Des agents immobiliers rapportent certaines craintes face à une élection du PQ

01/09/2012 11:04 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Certains experts du marché immobilier de Montréal affirment que de possibles acheteurs de maison retiennent leur souffle et suspendent leurs démarches jusqu'à ce que les résultats des élections du 4 septembre soient connus.

Le marché affiche habituellement un ralentissement pendant la saison estivale, et de nouvelles règles entourant les hypothèques sont entrées en vigueur plus tôt en juillet. Mais certains courtiers remarquent que des acheteurs adoptent une attitude d'attentisme, dans une tentative de protéger leur investissement ou encore de décrocher un meilleur prix au lendemain du scrutin.

Monique Assouline, une courtière immobilière travaillant dans l'ouest de Montréal, soutient avoir des clients — à la fois anglophones et francophones —, lui confiant qu'ils n'achèteront pas avant de savoir qui formera le prochain gouvernement provincial.

Leur principale crainte, explique-t-elle, est qu'un gouvernement péquiste soit porté au pouvoir, ramenant sur le tapis le dossier de la souveraineté et faisant du même coup chuter les prix des maisons.

Selon Mme Assouline, les propriétaires craignent que la valeur de leur propriété ne plonge advenant un exode massif des résidants de secteurs à majorité anglophone, comme cela avait été le cas après la première élection remportée par le Parti québécois, en 1976.

Les demeures qu'elle représente vont de condos à 200 000 $ aux maisons à 600 000 $, et bien qu'elle assure avoir fait visiter un important nombre de propriétés, Mme Assouline remarque que les offres sont faites dans d'autres secteurs du marché immobilier montréalais.

La chef du PQ, Pauline Marois, a rejeté du revers de la main les suggestions qu'un ralentissement du marché dû au projet de souveraineté renverrait le parti à ses premiers jours, alors que la menace d'une fuite de capitaux s'apparentait à une épée de Damoclès susceptible de s'abattre sur la jeune formation politique.

Les déménagements de certains sièges sociaux et de citoyens anglophones ont été recensés après l'élection de 1976. S'il n'existe pas de statistiques fiables sur la valeur des maisons avant 1980 dans les registres de l'Association canadienne de l'immeuble, ses données révèlent une hausse constante des prix de l'immobilier au Québec et au Canada entre 1980 et 2011.

Les seules années où une chute a été notée, dans la province comme dans le reste du pays, l'ont été en 1995 — date du dernier référendum —, et 1996.

En 1980, première année où l'ACI a commencé à recueillir des données à ce sujet, le PQ était au pouvoir et tenait son premier référendum sur la souveraineté. Cette année-là, la valeur moyenne d'une maison au Québec stagnait à 72 pour cent de la moyenne nationale. Le taux a grimpé à 76 pour cent en 1986, après que les libéraux aient repris le pouvoir des mains du PQ aux élections de décembre 1985. En 1995, alors que le PQ était réélu et tenait son second vote sur la souveraineté, le ratio plongeait à nouveau, à 65 pour cent de la moyenne nationale. Puis, il s'est hissé à 74 pour cent de la moyenne nationale en 2004, coïncidant avec une prise de pouvoir par le PLQ.

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