NOUVELLES
01/09/2012 01:51 EDT | Actualisé 01/11/2012 05:12 EDT

A Al-Bab, près d'Alep, on fouille les décombres en scrutant le ciel

A Al-Bab, une base arrière rebelle près d'Alep, dans le nord de la Syrie, les habitants déblayaient les décombres samedi au lendemain de frappes meurtrières, tout en craignant un nouveau raid.

"C'était ma maison, il n'en reste plus rien", explique Youssef al-Wati, un ingénieur, en escaladant un escalier qui s'élève maintenant dans le vide, tandis que des voisins l'aident à chercher ce qui peut être sauvé dans les décombres.

"Nous avons tout perdu, pas seulement un peu, tout", soupire sa femme Oum Omar, en revenant vers ce qui était sa maison en compagnie de plusieurs proches venues la soutenir.

Comme beaucoup d'habitantes de la ville, cette mère de quatre enfants s'était réfugiée chez des proches dans la campagne environnante par peur des bombardements fréquents le vendredi, jour traditionnel de mobilisation contre le régime du président Bachar al-Assad.

Dans un autre quartier, des dizaines de femmes et d'enfants ont aussi échappé aux bombes en s'abritant dans la cave d'un immeuble d'habitation.

Mais dans cette ville de 80.000 habitants située à 30 km au nord-est d'Alep, ces bombes ont tué vendredi 12 personnes selon un médecin de la principale clinique, ou peut-être même 20, selon des habitants qui égrènent les noms des victimes.

Les forces gouvernementales n'ont plus mis les pieds à Al-Bab depuis fin juillet, laissant la zone aux mains des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), dont une dizaine de brigades l'utilisent comme base arrière pour leurs opérations à Alep, théâtre d'une bataille cruciale.

Ce contrôle reste théorique, compte tenu de la force de frappe de l'armée de l'air.

"Hier, après les prières (du vendredi), un avion de combat est apparu et a commencé à bombarder au hasard des manifestants pacifiques", raconte un habitant se présentant sous le nom d'Ibrahim.

"L'avion a commencé à décrire des cercles au-dessus de nous, puis il a largué deux bombes coup sur coup", ajoute Youssef al-Wati, précisant qu'il y avait eu au total huit raids aériens en 10 heures.

Des toits effondrés, des câbles métalliques à l'air libre, des murs défoncés témoignent de la violence des bombes, tandis que dans les rues, les voitures doivent faire des détours pour éviter les cratères, les gravats et les vitres brisées.

Soudain, les habitants aperçoivent un avion dans le ciel. Il vole trop haut pour que l'on puisse dire s'il s'agit d'un appareil militaire, mais la panique est immédiate.

"Pas d'attroupement, pas d'attroupement", hurlent plusieurs hommes, sans quitter le petit point dans le ciel des yeux jusqu'à ce qu'il s'éloigne.

Omran, un jeune homme aux cheveux recouverts d'une couche de poussière blanche après avoir fouillé des décombres, explique qu'il n'y aura pas de grandes funérailles pour les victimes. "Chaque famille va enterrer discrètement ses morts pour éviter de créer de nouveaux attroupements".

dsg/srm/fc

PLUS:afp