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Un juge brésilien accepte de présider le premier procès de la junte militaire

31/08/2012 08:40 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

BRASILIA, Brésil - Un juge brésilien a accepté de présider le premier procès jamais organisé au Brésil pour des crimes liés à la dictature, en accusant deux anciens militaires d'avoir enlevé des opposants de gauche, ont annoncé des responsables vendredi.

Le juge Nair Pimenta de Castro, de l'État de Para, dans la région amazonienne, a accepté les arguments des procureurs. Ceux-ci ont fait valoir que les corps des victimes n'avaient jamais été retrouvés, que le dossier restait ouvert et qu'il n'était donc pas soumis à la loi d'amnistie adoptée en 1979.

Les procureurs accusent l'ex-colonel Sebastiao de Moura et l'ex-major Licio Maciel d'avoir commis des enlèvements durant la répression du mouvement de guérilla Araguaia.

Le groupe communiste rural avait été écrasé par les forces gouvernementales de 1972 à 1975, une période pendant laquelle 62 membres du groupe sont «disparus».

«C'est un grand accomplissement qui survient après une lutte de 40 ans pour faire respecter les droits de la personne au Brésil», a déclaré Victoria Grabois, responsable d'une organisation contre la torture à Rio de Janeiro.

La décision du juge survient en plein débat au Brésil sur la commission vérité récemment mise sur pied, qui a commencé à enquêter sur les crimes commis pendant la dictature.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, une ancienne membre de la guérilla de gauche, a été emprisonnée pendant plus de trois ans et torturée durant la dictature. En novembre, elle a promulgué une loi autorisant la création de la commission vérité, qui se heurte à une certaine résistance dans les régions plus conservatrices.

Les recommandations de la commission ne devraient pas mener à des accusations puisque la loi d'amnistie est toujours en vigueur. Contrairement à l'Argentine, au Chili et à l'Uruguay, qui ont aussi connu des régimes répressifs, le Brésil n'a jamais puni les responsables de violations des droits de la personne pendant la dictature.

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