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Stabilité, "grand ménage" ou indépendantisme: le Québec choisit mardi

31/08/2012 10:46 EDT | Actualisé 31/10/2012 05:12 EDT

Les Québécois iront aux urnes mardi pour choisir entre trois partis proposant l'un la "stabilité", l'autre un "grand ménage" et le troisième la séparation, à terme, de leur province du reste du Canada.

C'est ce dernier, le Parti Québécois (PQ) de Pauline Marois, qui semble en route pour la victoire, d'après les sondages, mais une victoire relativement modeste qui pourrait se solder par la formation d'un gouvernement minoritaire dans la province francophone comptant près de six millions d'électeurs.

Les chiffres compilés à moins d'une semaine du scrutin par l'institut Crop pour le quotidien La Presse créditaient le PQ de 32% d'intentions de vote, contre 28% à un nouveau parti prônant le "changement", la Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault, et 26% aux libéraux (PLQ) du Premier ministre sortant Jean Charest, en place depuis 2003.

Dans le système de vote uninominal majoritaire, un parti n'a pas besoin de 50% de voix pour obtenir la majorité au parlement, mais 32% ne semblent pas suffisants pour atteindre cet objectif.

Selon la dernière mise à jour des projections faite par le site spécialisé tooclosetocall.ca, le PQ obtiendrait 63 sièges sur les 125 que compte l'Assemblée Nationale, le PLQ 33, la CAQ 27, et le petit parti indépendantiste de gauche Québec Solidaire deux.

Le PQ bénéficie d'un capital de sympathie des francophones, attachés à l'idée d'indépendance de leur province. Il devrait avoir aussi l'appui des jeunes --généralement peu empressés aux urnes-- reconnaissants du soutien qu'il leur a témoigné lors du long conflit étudiant sur les frais de scolarité. Et l'appui des femmes, Mme Marois étant en piste pour devenir la toute première femme chef de gouvernement de l'histoire du Québec.

Indirectement, il profite aussi du vote anti-Charest. Selon les sondages, la majorité de l'électorat trouve le parti libéral usé par neuf ans de pouvoir et accorde quelque crédit aux soupçons de corruption à son égard, bien que ceux-ci n'aient jamais été sanctionnés par une décision de justice.

Mais il souffre d'une ambiguïté fondamentale entourant le coeur même de son programme, à savoir la marche vers l'indépendance: Mme Marois a dû s'engager, sous la pression de l'aile radicale du PQ, à déclencher un "référendum d'initiative populaire" sur cette question si 15% des électeurs en signent la demande.

En même temps, elle sait qu'à l'heure actuelle un Québécois sur trois seulement est prêt à voter pour la sécession et qu'il serait donc suicidaire d'aller vers un troisième échec après ceux des référendums de 1980 et 1995.

De son côté, M. Charest a cherché à présenter le vote comme un "choix de société" entre la stabilité, l'économie et l'emploi qu'il dit incarner avec son équipe bien rodée, et le "chaos", le règne de la "rue" et les "chicanes" avec le gouvernement fédéral d'Ottawa, qu'apporterait, selon lui, le PQ.

Il a d'ailleurs utilisé le même argument de "chaos" à venir contre M. Legault, en lui rappelant avec insistance son passé d'indépendantiste dans les rangs du PQ, le disant "non fiable" et taxant ses promesses électorales "d'irréalistes".

Ces attaques n'ont pas empêché le parti de M. Legault, un ancien homme d'affaires, de progresser, jusqu'à dépasser les libéraux.

Jugeant que les Québécois en ont assez de l'éternel face à face entre les deux "vieux partis", libéraux fédéralistes et péquistes indépendantistes, il promet de "mettre de côté pour dix ans" la question de la sécession et de "relancer le Québec", en combattant notamment la corruption. Il promet aussi de réduire les impôts de mille dollars par ménage.

via/jl/sam

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